Quand Stone s’essaie à la comédie

Affiche de U-Turn

Affiche de U-Turn

Bobby doit de l’argent à la mafia. Sans le sou, il part à Las Vegas pour tenter de négocier. Il tombe en panne dans un village et rencontre une fort jolie femme, Grace, qui lui propose de tuer son mari moyennant une belle somme d’argent.

Oliver Stone est un réalisateur dont le cinéma est extrêmement ancré dans la réalité. C’est presque un témoin de l’histoire des Etats-Unis tant tout est lié à son pays. Mais U-turn est un changement dans sa démarche. Des aspects sont bien entendus présents. Il est question de mafia, de dettes, de Las Vegas et, cela se passe dans une bourgade en plein désert. C’est impossible de passer à côté de certains codes. En cela, le film est logiquement très américain mais, pour le reste, cela n’a rien à voir avec ce que Stone a fait jusque là. On n’est pas dans le témoignage, dans cette volonté de parler de l’histoire des USA. Il est question d’une histoire inédite, complètement fictive qui promet un plaisir de cinéma véritablement singulier, par rapport au reste de l’œuvre de Stone du moins. U-turn est avant tout une comédie. Elle est teintée d’une touche de film noir/thriller mais, c’est d’abord une comédie.

L’histoire a tout pour proposer des situations rocambolesques. Pourtant, au début, c’est difficile de savoir où Stone veut aller. Il fait découvrir les différents personnages, met sont récit en place petit à petit mais, ses intentions restent floues. Il en est de même pour la trame concernant le personnage principal, Bobby Cooper (Sean Penn). Pourtant, en établissant le récit de cette manière, tous les ingrédients nécessaires à la compréhension des différents enjeux sont clairement identifiables et tout prend sens. Après une heure de film, tout est définitivement défini et le film part dans toutes les directions.

Extrait de U-Turn

Extrait de U-Turn

Le rythme, nonchalant, contribue à cette atmosphère particulière qui jalonne le film. Stone entreprend même de mettre en scène de manière inédite. C’est très visuel, très démonstratif. Il n’hésite pas à faire des zooms rapides, beaucoup de déplacements et mouvements de caméra,… Cela ne lui ressemble pas lui qui habituellement a une mise en scène plus réaliste. Ce choix décontenance quelque peu mais est cohérent avec ce que Stone met en place. La dynamique est bonne et le résultat fonctionne plutôt bien.

Il faut dire qu’Oliver Stone, une fois de plus, a su s’entourer des bonnes personnes. Sean Penn trouve l’un de ses meilleurs rôles avec Bobby Cooper. Jennifer Lopez est dans le ton et Nick Nolte trouve un rôle sur mesure. Le reste du cast est tout aussi alléchant puisqu’il est composé de Claire Danes, Joaquin Phoenix, Billy Bob Thornton ou encore Jon Voight. C’est solide tant sur le papier qu’à l’écran. C’est un véritable régal de voir ces talentueux comédiens interagir entre eux.

Au final, U-turn est probablement le moins Stone des films d’Oliver Stone. C’est une comédie avec un soupçon de thriller plutôt agréable mais qui ne ressemble en rien à ce que le réalisateur, généralement très engagé, fait habituellement. Ca n’en n’est pas moins bon mais, c’est sûr qu’il doit déstabiliser sa base de fan avec cette œuvre pour le moins atypique.

A propos de l'auteur

Thibault van de Werve

Passionné de cinéma depuis tout petit, j'affectionne particulièrement Steven Spielberg, Terrence Malick, Alejandro Gonzalez Iñarritu ou encore, pour les plus jeunes, J.C. Chandor et Jeff Nichols.

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