Parmi les meilleurs acteurs de la planète se trouve un danois âge de 46 ans et répondant au doux nom de Mads Mikkelsen. Consacré à Cannes 2012 pour La Chasse, focus sur cette gueule de cinéma.

 

Pusher (1996)

 

 

Fait rare dans une carrière, on retient souvent de la carrière de Mads Mikkelsen son premier film. Dans le Pusher de Nicolas Winding Refn (qui fera du danois un de ses acteurs fétiches), Mads Mikkelsen excelle en junkie bras droit d’un dealer de second zone condamné à rembourser une dette. Une plongée violente et sans concession dans l’univers de la drogue où Mikkelsen qui tenait à la base un second rôle, ressort tel un grand vainqueur. Il retrouvera NWR pour Bleeder (1999) et bien sûr la suite de Pusher en 2004.

 

Open Hearts (2002)

 

 

En 2002, Mads Mikkelsen confirme son statut de grand espoir du cinéma danois sous la direction de Susanne Bier. Avec la réalisatrice danoise (que le grand public a découvert Once in a Lifetime deux ans auparavant), il crève l’écran au cœur d’un triangle amoureux où il est chargé de soigner le compagnon paralysé de Cecilie pour qui il va ressentir d’étranges sentiments. Tout comme Nicolas Winding Refn, Mads Mikkelsen entre dans la famille des acteurs réguliers de Susanne Bier, puisque les deux se retrouveront avec le succès que l’on connaît dans After the Wedding.

 

Le Roi Arthur (2004)

 

 

Après avoir fait hurler de rire de nombreux spectateurs dans Les Bouchers Verts (d’Anders Thomas Jensen, avec qui il tournera trois films), Mads Mikkelsen découvre Hollywood par le genre historique. Un genre qui collera à la peau de l’acteur danois, qui campe ici Tristan aux côtés de Clive Owen, Ray Winstone et Joel Edgerton. Si le film n’est pas devenu inoubliable grâce à la belle gueule de Clive Owen grimé en Arthur, ce sont les seconds rôles qui deviendront quelques années plus tard, des immanquables.

 

Casino Royale (2006)

 

 

2006 est une année charnière pour Mads. D’une part, son statut de star nordique s’affirme avec une nouvelle et très belle collaboration avec Susanne Bier pour After The Wedding. D’autre part, parce que face à un Daniel Craig fraîchement promu James Bond, il interprète un vilain enfin à la hauteur des espérances. En incarnant Le Chiffre, il exploite ce qui deviendra sa marque de fabrique à l’international : sa gueule de cinéma. Fort heureusement, Mikkelsen a d’autres talents en réserve.

 

Le Guerrier silencieux, Valhalla Rising (2009)

 

 

Plus de dix ans après leur rencontre sur Pusher, Nicolas Winding Refn convie Mads Mikkelsen à ce qui fera du réalisateur danois un incontournable. Dans Un guerrier silencieux, Mads Mikkelsen campe comme le titre l’indique un guerrier muet et sauvage, prisonnier d’un terrible chef de clan qu’il arrivera à tuer avant de partir à la découverte de ses origines et mené un combat dangereux. Pour ce film, Mads Mikkelsen souffre et dévoile une facette sensible que peu d’acteurs possèdent alliée à l’aspect sauvage de son physique. La même année, Mads Mikkelsen se retrouve à l’affiche de The Door – un thriller allemand honoré à Gérardmer 2010 – et incarne le composition Igor Stravinski dans Coco Chanel et Igor Stravinsky de Jan Kounen.

 

La Chasse (2012)

 

 

Si les choix à l’international de l’acteur danois sont plus que douteux (Le Choc des Titans en 2010, Les Trois Mousquetaires en 2011), c’est dans son pays natal que le danois brille. Sous la houlette de Thomas Vinterberg, il campe un éducateur sans histoire accusé du jour au lendemain de pédophilie. Une plongée froide au beau milieu d’une communauté où devenir un bouc-émissaire et voir sa vie se briser repose sur un mensonge anodin. Mads Mikkelsen y est bluffant de sobriété et remporte à Cannes un prix d’interprétation venant confirmer le grand acteur qu’il est. La Chasse n’est pourtant pas son plus beau rôle, mais Vinterberg arrive à jouer avec la sensibilité tout en retenue de l’acteur devenu irrésistiblement attachant.