Retour sur la 7ème édition des Magritte du cinéma

Affiche des Magritte du cinéma 2017

 

Pour cette septième édition des Magritte, la grande surprise parmi les nominations se trouvait du côté de Seraing et des frères Dardenne qui, pour La Fille Inconnue, n’ont obtenu aucune nomination. Par contre, beaucoup de premiers films ont obtenu pas mal de nominations, montrant une vague de renouveau débarquant dans le cinéma belge. Parmi ceux-ci, on peut citer Parasol de Valéry Rosier, Je me tue à le dire de Xavier Seron, qui avait gagné le Magritte du meilleur court-métrage de fiction en 2016 pour l’excellent L’Ours Noir ou encore Keeper de Guillaume Senez.

La cérémonie était présentée par Anne-Pascale Clairembourg, Magritte du meilleur espoir 2013 pour Mobile Home et présidée par Virginie Efira, nommée dans deux catégories, meilleure actrice, pour Victoria, et meilleure actrice dans un second rôle, pour Elle de Paul Verhoeven.

Les favoris étaient bien sûr Les Premiers Les Derniers de Bouli Lanners et L’économie du couple de Joachim Lafosse, deux poids lourds du cinéma belge. Nous avions d’ailleurs rencontré les deux réalisateurs lors de la sortie de leur film. Vous pouvez retrouver l’interview de Bouli Lanners ici et celle de Joachim Lafosse ici. Au niveau de la photographie, on retrouvait aussi deux illustres représentants du plat pays, Manu Dacosse pour Evolution de Lucile Hadzihalilovic et Benoit Debie (interview en deux parties ici et ici) pour La Danseuse de Stéphanie Di Giusto avec Soko. Dans beaucoup de catégories, il s’agissait donc de « duels » entre des cinéastes de la nouvelle génération et les metteurs en scène plus confirmés, ce qui témoigne de la richesse du cinéma belge et des espoirs fondés en lui.

Ce que l’on retiendra de cette cérémonie, c’est avant tout que la Belgique est un très petit pays. Trop petit. Les flamands ont leur propre cérémonie, les wallons ont la leur. C’est Tom Barman, le leader du groupe flamand dEUS, venu remettre le Magritte du meilleur film flamand qui dira d’ailleurs, à juste titre, qu’il serait peut-être temps de faire une cérémonie unique. On peut également retenir que les « petits » films ont fait fort, mettant au tapis un des grands favoris, L’économie du couple de Joachim Lafosse reparti bredouille. Par contre, Bouli Lanners, pourtant opposé au principe de compétition entre films, est, une fois de plus, le grand gagnant de la soirée, prouvant encore son plébiscite par la profession.

Dans le palmarès, le double prix de la meilleure actrice a surpris. Il est revenu à Astrid Whettnall dans le film de Rachid Bouchareb La Route d’Istanbul et à Virginie Efira dans Victoria. En sept éditions, c’est la première fois que cela arrive. Pourquoi pas, elles le méritent toute les deux mais, cela pose tout de même question. 

Lors de son passage en salle de presse, Virginie Efira nous a confié que Victoria a été un tournant. « C’est une comédie assez exigeante avec un rôle très complexe. C’est une comédie qui prend aussi en charge une forme de noirceur donc, oui, c’est vrai qu’après ça, j’ai eu des propositions très différentes. » A la question de savoir si elle, à titre personnel, elle considérait ce rôle comme différent des autres, Efira répond « Oui oui, complètement. C’est très étonnant, on le sent presque physiquement. Faire des vraies rencontres, de gens qui se colorisent dans la foule, c’était le cas avec Justine Triet. Elle vient d’un cinéma d’auteur alors que moi je n’ai pas vraiment les mêmes origines. J’ai eu un vrai coup de foudre pour elle.« 

A propos des cérémonies de prix, la comédienne va dans le sens de Bouli Lanners qui, il y a quelques jours encore, clamait son incompréhension de voir des films être en compétition les uns par rapport aux autres. « Je me souviens du discours de Yolande Moreau qui était présidente des Magritte. Elle avait dit « Comparer les films, c’est comme comparer une carpe et un lapin » Il n’y a pas, là-dedans, une vérité. La vérité c’est que ce n’est pas moi la meilleure actrice, ce n’est pas Bouli le meilleur film. Ce sont des subjectivités. Cela représente quelque chose après, dans un contexte global belge de films, acteurs qui tentent des choses différentes, travaillent librement, c’est plutôt chouette.« 

En tout cas, dans toutes les catégories représentées, on peut constater qu’il y a beaucoup de talents et que plusieurs des personnes nommées sont sans aucun doute l’avenir cinématographique de la Belgique francophone.

Voici le palmarès complet.

Meilleur espoir féminin : Salomé Richard dans Baden Baden

Meilleur espoir masculin : Yoann Blanc dans Un homme à la mer

Meilleur scénario : Xavier Seron pour Je me tue à le dire

Meilleure photographie : Olivier Boonjing pour Baden Baden

Meilleurs costumes : Elise Ancion pour Les Premiers Les Derniers

Meilleurs décors : Paul Rouschop pour Les Premiers Les Derniers

Meilleur montage : Julie Brenta pour Keeper

Meilleur premier film : Keeper de Guillaume Senez

Meilleur documentaire : En bataille, portrait d’une directrice de prison d’Eve Duchemin

Magritte d’honneur : André Dussolier

Meilleur court-métrage de fiction : Le Plombier de Méryl Fortunat-Rossi et Xavier Seron 

Meilleure actrice dans un second rôle : Catherine Salée dans Keeper

Meilleur film flamand : Belgica de Felix Van Groeningen

Meilleur réalisateur : Bouli Lanners pour Les Premiers Les Derniers

Meilleur film étranger en co-production : La Tortue Rouge de Michael Dudok de Wit

Meilleur son : Matthieu Michaux pour La Tortue Rouge

Meilleur court-métrage d’animation : Pornography d’Eric Ledune 

Meilleur second rôle masculin : David Murgia dans Les Premiers Les Derniers

Meilleure actrice : ex-aequo Astrid Whettnall dans La route d’Istanbul et Virginie Efira dans Victoria

Meilleure musique originale : Cyrille de Haes et Manuel Roland pour Parasol

Meilleur acteur : Jean-Jacques Rausin dans Je me tue à le dire

Meilleur film : Les Premiers Les Derniers de Bouli Lanners

Un grand merci à Frédérique Morin pour sa participation à cet article.

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