Le Studio au logo de l’un de ses personnages les plus emblématiques, à savoir Totoro, revient cette année avec sa participation sur La Tortue Rouge. C’est l’occasion de présenter leur histoire et leurs thématiques.

En 1963, un dénommé Hayao Miyazaki commence sa carrière dans les séries TV d’animation, au studio Toei. Un an plus tard, lorsque des troubles syndicaux éclatent, il prend la tête des manifestants et devient secrétaire chef du syndicat des travailleurs – le vice-président du syndicat est un certain Isao Takahata, réalisateur de profession. Miyazaki épouse ensuite Akemi Ota, une animatrice du studio et commence une longue collaboration avec Takahata sur Horus, prince du Soleil, réalisé par ce dernier.

Hayao Miyazaki quitte Toei en 1971 et rejoint Isao Takahata et Yoichi Kotabe (un animateur qui quitte plus tard le groupe et s’occupe notamment de l’élaboration des « Pokemon », chez Nintendo) au studios A-Pro. En 1972 ils travaillent sur la série de court-métrages Panda petit panda (TMS Entertainment et Topcraft) qui connaît un grand succès grâce à un effet de mode suite à la présentation au même moment d’un couple de pandas en Chine. Takahata réalise, Miyazaki est scénariste, ils sont épaulés par Yasuo Otsuka et Yoichi Kotabe. C’est sur ce projet que sont nées les premières ébauches du Totoro, personnage réutilisé quelques années plus tard dans le désormais célèbre Mon voisin Totoro.

En 1973, le trio Miyazaki / Takahata / Kotabe rejoint Zuiyo Pictures. Hayao Miyazaki est alors concepteur scénique sur la série TV Heidi, réalisée par son désormais ami Isao Takahata. Il effectue même un voyage en Suisse pour reproduire au mieux les décors.

C’est finalement en 1978 que Miyazaki passe à la réalisation avec l’aide de Takahata à la production, sur Conan le fils du futur, chez Nippon Animation, l’aventure évoluera bien vite puisqu’en 1979, il rejoint la Tōkyō Movie Shinsha et sort son premier film en tant que réalisateur : Le Château de Cagliostro. En 1982, alors que Takahata connaît un petit succès avec son film Kié la petite peste (1981, sorti en France en 2005), Miyazaki réalise les six premiers épisodes (dont il signe également le scénario) de la série Sherlock Holmes (finalement diffusée en 1984 et 1985) en coproduction avec la RAI italienne. Cette série raconte les aventures d’un Sherlock Holmes présenté sous les traits d’un renard anthropomorphe. Elle fut discrètement rediffusée en France il y a quelques années, sur la chaîne Gulli. En parallèle, il écrit un manga écologique en plusieurs tomes, le désormais célèbre Nausicaa de la vallée du vent. Le projet d’un long-métrage des premiers tomes de Nausicaa est lancé en 1983, le film sort finalement en novembre 84 et suscite l’enthousiasme, on parle de « files d’attente » devant les cinémas.

En juin 1985, suite au succès de Nausicaä de la vallée du vent, Hayao Miyazaki et Isao Takahata créent le Studio Ghibli. Miyazaki étant un grand passionné de l’aviation, le nom de Ghibli est tiré du Caproni Ca.309, avion utilisé par les italiens pendant la Seconde Guerre Mondiale, en reconnaissance. La prononciation du G, dure ou douce, est dans tous les cas correcte, le nom original se disant « Guibli » bien que les Japonais préfèrent « Jibli ». A une époque où l’animation japonaise est davantage concentrée sur les séries TV (rappelons que Hayao Miyazaki et Isao Takahata ont d’ailleurs entre autre travaillé sur Heidi pendant un temps), le Studio Ghibli désire développer une activité de production de longs-métrages. La qualité était primordiale, l’animation traditionnelle et les scénarios inventifs : ces points étaient parfois négligés chez d’autres, dans le but de diminuer les coûts extrêmement élevés de la production.

Bien que Nausicaä de la vallée du vent figure souvent dans le catalogue Ghibli, ce n’est pas à proprement dit une de leurs productions, le premier vrai film Ghibli étant Le Château dans le ciel. Ils marquent également les premières collaborations entre Hayao Miyazaki et son compositeur désormais attitré, Joe Hisaishi (également à l’origine du thème culte de L’Eté de Kikujiro, de Takeshi Kitano).

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Extrait de Nausicaä de la vallée du vent de Hayao Miyazaki et Tomoko Kida (1984)

En plus d’être connu pour ses grands noms et son gage de qualité, Ghibli évoque quelques thèmes maintes fois répétés tout au long de son histoire, dans les films.

L’écologie, technologie, civilisation, nature

Le premier film officiel des célèbres studios est un conte écologique qui raconte comment un jeune mineur et une petite fille tombée du ciel doivent protéger une planète anciennement civilisée, aujourd’hui envahie par la nature et sur laquelle une bande de militaires sans scrupules ont mis le grappin. La civilisation, l’avancée du progrès technologique est-il une menace pour la nature ? Toute l’oeuvre de Miyazaki semble nous répondre non, la civilisation et la technologie (dont les avions) sont systématiquement respectés, mais le réalisateur semble nous appeler à une nouvelle forme de progrès, un progrès plus responsable qui prendrait en compte les déchets et serviraient tous les hommes plutôt que d’en assouvir une grande partie. Ainsi, la technologie amenée sur Laputa évoque un âge d’or des machines, appuyée par de gros robots pas si stupides. Mais ces robots ont été laissés à l’abandon et Laputa devra finalement être détruite pour ne pas tomber aux mains des pirates : « science sans conscience n’est que ruine de l’âme » pour un amoureux du progrès.

Extrait du Chateau dans le ciel d'Hayao Miyazaki

Extrait de Le Château dans le ciel de Hayao Miyazaki (2003)

Dans Princesse Mononoké, Miyazaki oppose directement nature et civilisation. Le personne principal, Ashitaka part en quête (on peut y voir une sorte de récit initiatique) et rencontre Dame Eboshi, propriétaire d’une forge abritant lépreux et anciennes prostituées venues y reconstruire leur vie. Dame Eboshi mène une guerre sans merci avec les animaux autour du village et notamment les loups et la fille humaine qu’ils ont recueilli, San. Dame Eboshi veut détruire la nature pour développer sa forge ; elle représente la civilisation aveugle et à la recherche absolue de pouvoir mais n’est pas mauvaise pour autant, au contraire elle s’avère être très humaine et tolérante, accueillant et offrant une nouvelle vie à des marginaux, des exclus de la société. De son côté, San, tout aussi instinctive et têtue se bat pour la nature, ceux qui l’ont élevée bien qu’elle ne soit pas biologiquement une louve. L’adolescente peine à trouver sa place et sera aidée par Ashitaka, médiateur entre les deux parties, la civilisation d’Eboshi et la nature de San. Au delà de sa quête, Princesse Mononoké porte sur le principe philosophique de l’Homme culturel, Miyazaki a conscience qu’on ne peut demander à l’Homme d’abandonner la civilisation et il n’en fait en aucun cas son procès, au contraire, c’est quelqu’un de fasciné par le progrès et les inventions. La nature et la civilisation ne sont pas diamétralement opposées, c’est surtout les dérives de la civilisation qui deviennent dangers pour la nature, créant ainsi le conflit. Mais une entente s’avère être systématiquement possible, l’Homme réapprend à vivre dans le respect de la nature. Le progrès doit être imaginé en fonction de la nature, pour la nature, la civilisation est au service de la nature.

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Extrait de Princesse Mononoké de Hayao Miyazaki (2000)

La guerre

A l’exception du biopic Le Vent se lève, Miyazaki n’aborde généralement pas la guerre réelle mais des guerres fictives. De manière générale, Miyazaki se plaît à brouiller les pistes, il utilise des repères temporels précis mais y ajoute des éléments fantastiques. Porco Rosso se déroule en Italie dans l’entre-deux-guerres mais le héros cochon et la présence de pilote de l’air permet de ne pas plonger dans un cadre trop réaliste. Le Château dans le ciel ou Le Château ambulant se déroulent quant à eux dans des univers que l’on pourrait éventuellement qualifier de steampunk. Le traitement est différent chez Isao Takahata, un peu plus ancré dans la réalité. Ainsi, Le Tombeau des lucioles, tiré d’une histoire vraie (et plus précisément d’une autobiographie), se déroule lors de la Seconde Guerre Mondiale. L’objectif de Miyazaki comme de Takahata, est de démontrer l’impact direct des conflits sur les populations. On se souviendra longtemps de Seita, chargé de veiller seul sur sa petite soeur Setsuko malgré la famine et les bombardements.

Certains Occidentaux ont évidemment été outrés par l’approche de Le Tombeau des lucioles, répétant que les japonais n’ont pas eu un comportement exemplaire pendant la guerre ; ce sont les « méchants », il n’est pas nécessaire d’être sensibles à leur sort. Pourtant, Takahata ne montre pas un Japon militaire ou politique, reste silencieux sur les idéologie du pays, pour se concentrer uniquement sur les deux enfants. Ces derniers n’ont aucune idée des enjeux politiques ou idéologiques de la guerre, ce ne sont que deux gamins face à l’égoïsme des adultes, leur tante, abominable, les pousse même à fuir pour ne pas avoir plus de bouches à nourrir. La guerre est étudiée à l’échelle intime, c’est son impact sur les populations les plus innocences (des enfants) qui importe Takahata. Le tout est appuyé par des séquences oniriques (le frère et la soeur au milieu des lucioles, les délires de Seita sur la fin…) qui renforce cette sensibilisation au vécu de ces victimes oubliées. Par cette vision enfantine de la guerre arrive l’idée d’une résistance dans la naïveté et la quête obstinée au bonheur. C’est cette bonne humeur vaine qui rend le film d’autant plus cruel et lui a valu une réputation de « film qui fait le plus pleurer », l’innocence touchant toujours davantage. La sincérité de Takahata dans son propos est également criante ainsi le mélodrame est tire-larmes (malgré une certaine pudeur tout de même, les Ghibli conservent toujours une dose de pudeur) mais pour un objectif précis. Cette obsession pour la guerre peut être expliquée par l’enfance de Miyazaki et Takahata, qui ont grandi dans un Japon dévasté par la 2nde Guerre Mondiale.

Extrait du Tombeau des lucioles, Isao Takahata

Extrait de Le Tombeau des lucioles de Isao Takahata (1996)

Le « film d’adieu » de Hayao Miyazaki, Le Vent se lève, aborde également la guerre avec beaucoup de réalisme mais sous le prisme d’un ingénieur chargé de construire des avions tueurs. L’humain est encore écrasé par le poids de choses qu’il ne contrôle pas, dans une oeuvre grande et austère. Bien que Ghibli soit un studio d’animation avec la plupart de ses films destinés aux enfants, certains restent réservés aux adultes, comme le démontre ces deux derniers exemples.

Le Vent se lève présente, en parallèle de la guerre, sombre et négative, la flamme de la passion pour les avions, une passion issue du père de Miyazaki, directeur d’une entreprise d’aéronautique appartenant à son oncle, Miyazaki Airplanes.

Des personnages récurrents

Ghibli est reconnu pour la diversité de ses personnages féminins, de la petite fille capricieuse (Chihiro) à la femme forte (Dame Eboshi). Ces dernières sont généralement épargnées de toute notion de sexualité, ou du moins celle-ci est traitée à égale distance que celle des hommes. Par sexualité nous entendons bien sûr un simple traitement plus sexué ou romantique puisqu’il n’y est pas vraiment question de traiter de « choses pour adultes » dans des films s’adressant en partie aux enfants. L’héroïne Ghibli n’a jamais eu pour seul but de chercher l’amour et peut se passer des hommes. Les rapprochements romantiques sont uniquement le fruit de relations sensibles entre deux deux personnages (Kaguya et Sutemaru du Conte de la princesse Kaguya, par exemple), il n’y a pas comme objectif de conquérir l’autre.

L’amour, chez Ghibli, n’est pas nécessairement celui du couple. On retrouve un amour fraternel (Seita et Setsuko du Tombeau des lucioles, Mei et sa soeur de Mon voisin Totoro…) et beaucoup de liens amicaux, souvent mixtes. Les relations tombent parfois dans l’ambiguïté, comme dans Souvenirs de Marnie où la relation entre deux adolescentes peut être perçue de différentes façons avant les révélations finales. Le premier ami d’un enfant solitaire ou le premier amour, les frontières sont parfois floues parce que les films vont souvent au-delà des étiquettes, laissant aux relations le temps d’évoluer en arrière plan, pour se concentrer sur l’évolution du personnage – le meilleur exemple reste Le Voyage de Chihiro, peut-être le plus important des récits initiatiques de Ghibli.

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Extrait de Souvenirs de Marnie de Hiromasa Yonebayashi (2015)

Le personnage Ghibli est très souvent un travailleur manuel, sa profession ne lui apporte aucun prestige mais il est très utile à sa société, bien que méprisé par ses supérieurs. Ce schéma, représentatif de l’engagement syndicaliste passé de ses créateurs, est particulièrement criant dans Le Voyage de Chihiro où Yubaba fait travailler tout un petit monde y compris des enfants dans ses bains pendant que son gros bébé se prélasse et fait des caprices. Enfin, et pour en revenir à la condition féminine chez Ghibli, notons que les prostituées ne sont pas méprisées. Ce détail est souvent perçu, en Occident, comme une particularité japonaise mais ce n’est pas tout à fait le cas (ne confondons surtout pas la « Geisha » et la « prostituée »). Que se passe-t-il dans le grand établissement du Voyage de Chihiro quand les clients sortent de leur baignoire ? La réponse transparaît à travers un plan assez équivoque, celui d’un couloir, de rires, et de chaussures posées à l’entrée. Les dames des forges de Princesse Mononoké sont, quant à elles, d’anciennes prostituées venues chercher une seconde chance dans une vie meilleure. La sexualité féminine n’est ni au service de l’homme, ni sale : on évoque même brièvement mais directement les premières règles de la Princesse Kaguya (pas vraiment prête à assumer son nouveau rôle de femme). Il est difficile pour l’auteur de ce texte, occidentale et n’ayant jamais mis les pieds au Japon, de définir la place de la femme dans le pays. Cependant, on entendra souvent parler d’hommes dépendant aux femmes bien que leur position soit souvent rabaissée : c’est d’ailleurs un peu ce qu’on retrouve dans Princesse Mononoké. Par ses déclarations, dont la sincérité a été prouvée par la justesse de ses personnages féminins, Miyazaki est souvent perçu comme un réalisateur féministe.

Les enfants grandissent, les mal-aimables se repentissent : les personnages Ghibli sont en constante évolution, bien souvent à la recherche d’eux-mêmes, du meilleur d’eux-mêmes ou d’une once de pardon. Ainsi, la capricieuse Chihiro devient une jeune fille responsable et apprend la notion d’amitié au bébé égoïste de Yubaba.

Les deux maîtres et l’avenir du studio

Hayao Miyazaki et Isao Takahata ont tout deux annoncé leur retraite à peu près au même moment. La carrière de Miyazaki se terminait avec Le Vent se lève, biographie de l’ingénieur à l’origine de l’appareil qui a donné son nom au Studio Ghibli, celle de Takahata baissait rideau avec Le Conte de la princesse Kaguya, présenté à la Quinzaine des réalisateurs en 2014.

Malgré quelques similitudes qui créent cette fameuse empreinte Ghibli, les deux maîtres de l’animation ont des techniques et des approches parfois très différentes. Alors que Miyazaki n’hésite pas à créer des mondes imaginaires, Takahata est davantage ancré dans la réalité mais fait souvent appel à l’onirisme (les songes du Tombeau des lucioles, la fuite de Kaguya…). Contrairement à Miyazaki, Takahata a toujours travaillé comme réalisateur et l’animation n’est qu’un moyen comme un autre pour lui (il a d’ailleurs réalisé un film en prises de vue réelles). Le dessin, n’est qu’au service de l’histoire : il n’hésite pas varier les styles alors que Miyazaki, qui conçoit lui-même les dessins de ses personnages, reste basé sur des graphismes qui lui sont propres. Son approche de la société est également différente bien qu’un rapprochement du peuple s’effectue dans tous les cas.

Hayao Miyazaki, talent réputé pour être aussi dur qu’exigeant et parfois même sévère, a démarré par études par de l’économie japonaise et possède également une formation en littérature enfantine. Quant à Isao Takahata, il a étudié la littérature française à l’université de Tokyo, où il a notamment découvert Jacques Prévert et son travail avec Paul Grimault, sur Le Roi et l’oiseau. Le réalisateur est passionné par la France et la culture française, il a visité plusieurs fois le pays et a été, en 2015, élevé au rang d’officier de l’Ordre des arts et des lettres par le ministère de la culture.

Extrait de La Princesse Kaguya

Extrait de Le Conte de la Princesse Kaguya de Isao Takahata (2014)

A la création du Studio Ghibli et à ses débuts, seuls Miyazaki et Takahata réalisent, puis décident de laisser une chance à quelques uns de leurs fidèles animateurs. En 1993, Tomomi Mochizuki adapte un manga de romance lycéenne en téléfilm, le titre français sera Je peux entendre l’océan (titre international : Ocean Waves). Hiroyuki Morita réalise également Le Royaume des chats en 2002. Aucun des nouveaux réalisateurs ne parviendra à avoir un aussi grand succès (les œuvres ne sont pas mauvaises, seulement plus mineures) excepté peut-être Yoshifumi Kondo, qui fut annoncé comme le successeur de Miyazaki avec Si tu tends l’oreille, en 1995 – Miyazaki a d’ailleurs annoncé sa première retraite pour céder sa place à ce nouveau talent, mais son décès prématuré le fit revenir sur les devants du studio Ghibli.

Nous arrivons en 2014, l’année où Hayao Miyazaki et Isao Takahata prennent la décision d’arrêter la réalisation de longs-métrages d’animation. Cette décision provoqua un mini raz-de-marée et beaucoup d’agitation : on s’inquiéta de la fermeture du Studio alors que les deux artistes continuèrent à travailler sur des projets, mais envisagèrent simplement de ne plus réaliser de longs-métrages. Les regards étaient désormais tournés vers Goro Miyazaki, fils d’Hayao. Le réalisateur des Contes de Terremer et de La Colline des coquelicots n’était cependant pas favori pour la majorité des fans qui préféraient Hiromasa Yonebayashi, à qui l’on doit Arrietty et le petit monde des chapardeurs et Souvenirs de Marnie. Mais Yonebayashi a quitté Ghibli après son dernier film (à priori pour divergences artistiques) : le mystère reste donc entier.

Enfin, en 2016, le « nouveau Ghibli » est annoncé, il s’agit en réalité d’une co-production réalisée par Michael Dudok de Wit et intitulée La Tortue rouge. Le film est acclamé au Festival de Cannes où il est présenté dans la section Un Certain Regard. Une fois encore, les esprits s’emballent : Ghibli perdrait-il son identité japonaise avec ce réalisateur ? Le nouveau grand réalisateur Ghibli serait-il ? Ghibli ne ferait-il donc plus que de la co-production ? Si on ne sait ce que l’avenir nous réserve, il reste important de préciser que La Tortue rouge (dont le succès est actuellement au rendez-vous) n’est pas un film particulièrement ancré dans la culture occidentale et sans paroles. Pour le reste, qui vivra verra mais on ne peut qu’espérer une longue vie au Studio Ghibli.

Si Ghibli emprunte le visage de plusieurs réalisateurs, on retient surtout le nom de ses deux créateurs, Miyazaki et Takahata. Malgré une conception différente de l’animation et des traitements qui leur sont propres, les maîtres comme leurs collègues à qui ils accorderont le privilège de la place convoitée, ont des thématiques de prédilection. C’est grâce à une éthique toujours rigoureuse et à des films intelligents et sensibles, souvent poétiques et parfois bien plus adultes que l’on croit, que Ghibli a réussi à s’imposer comme un si ce n’est pas le meilleur studio d’animation au monde.

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