Après avoir tourné plusieurs films en France (« Sous le figuier », « De battre mon coeur s’est arrêté », « Si tu meurs, je te tue »), Jonathan Zaccaï revient en Belgique pour la comédie de Sylvestre Sbille « Je te survivrai ». Le voilà coincé au fond d’un puits pendant des jours, avec pour seule compagnie sa vieille voisine qu’il déteste.

Vous aviez d’abord refusé ce rôle, qu’est-ce qui vous a fait changer d’avis?

J’avais un autre film qui a sauté. Je ne me disais pas que le projet était nul mais j’avais un peu peur d’être enfermé dans ce puits. Quand Sylvestre m’a appelé pour remplacer Renaud Rutten, je me suis dit pourquoi pas, on va le faire.

Pour finir comment s’est passé ce tournage dans le puits?

C’était assez physique et condensé puisque je n’ai tourné que deux semaines seul dans le puits. C’est particulier d’être ausculté par une caméra comme un insecte. Il faut rester zen face à la détérioration du personnage. Mais c’était une belle expérience d’acteur parce qu’on a pas souvent l’occasion d’être seul comme ça. J’ai passé la plupart du tournage au fond du puits dans la crasse et à la fin j’en avais marre ce qui est intéressant puisque ça rejoignait ce que le personnage devait ressentir.

Le côté intéressant du tournage est que l’on fait partie d’une équipe pour au final être seul. Ben Riga et moi avons joué à deux semaines d’intervalles.

Jonathan Zaccaï alias Joe dans "Je te survivrai"

Jonathan Zaccaï alias Joe dans « Je te survivrai »

C’était un tournage très rapide…

Oui on était un peu sous pression au niveau du temps mais Sylvestre a très bien mené tout ça. Il était précis dans ses envies mais a laissé des libertés. J’avais besoin d’être accompagné comme je suis arrivé tard dans le film, je n’ai pas eu le temps de travailler beaucoup. Il a fallu que je retrouve mes gènes belges, l’accent. Je n’avais pas envie d’en faire trop mais le personnage est haut en couleurs donc il fallait doser les deux. On a fait une bonne équipe avec Sylvestre.

J’ai une coupe de perruche!

Comment se met-on dans la peau d’un personnage détestable comme celui-là?

On fait ressortir le con qui est en nous, on en a tous un! J’aime ce genre de personnage, haut en couleur et odieux. La coupe de cheveux et le look contribuent aussi à la construction de Joe. J’ai une coupe de perruche! C’est le seul film où j’ai du mal à me voir! Le côté conte/fable est pas mal dans l’histoire, le fait de prendre le con bling-bling et de le punir au fond d’un puits.

La relation entre Blanche et Joe est particulière…

Les deux solitudes sont fermées l’une à l’autre et au monde et sont dans l’ignorance. Puis elles s’ouvrent dans un endroit totalement imprévisible. Ce sont deux personnages très éloignés qui trouvent un lien d’humanité pour les faire progresser tous les deux. C’est très touchant ça je pense.

Vous tournez en ce moment?

J’ai pas mal de projets. J’ai fait un film de Katia Lewkowicz Etats de Femmes avec Marina Foïs et Laura Smet et un six fois 50 minutes avec Bruno Solo pour la télévision. Un film pour Arte aussi, où je joue deux jumeaux, sur le thème de l’usurpation d’identité.