Rencontre avec une star de Youtube qui passe au cinéma





Le Manoir est le premier long-métrage qui rassemble les youtubeurs les plus connus de France et de Navarre. Pour l’occasion, nous avons rencontré deux des interprètes principaux, Natoo et Ludovik.


En commençant vos vidéos sur Youtube, est-ce que le cinéma était déjà un objectif ?


J’ai commencé Youtube il y a longtemps, 10 ans. Hier j’étais avec Jérôme Niel, je sais que c’est pareil pour lui. J’adore le média Youtube mais si je peux faire du cinéma plus tard, j’en serais très heureux. Je ne compte pas arrêter Youtube parce qu’on est assez libre, j’aimerais m’orienter vers une carrière cinéma. Et je pense que je ne suis pas le seul à vouloir ça parmi les copains.


C’était quelque chose de conscient dès le début ?


Ce n’est pas une stratégie en soi. Je n’ai pas réussi à faire du cinéma plus jeune et j’ai fait mon « propre cinéma » en faisant mes propres vidéos. Maintenant, ça se suit et j’en suis très heureux. Ce n’était pas réfléchi. Je ne me suis pas dit que j’allais commencer Youtube puis qu’après j’allais faire du cinéma.


Les courts-métrages, de Cyprien notamment, c’était déjà un premier pas plus conscient vers le cinéma ?


Quand j’ai intégré le studio Bagel puis avec la phase Canal +, je me suis dit que je pouvais éventuellement me rapprocher du cinéma suite à plusieurs rencontres. Pour les courts-métrages, je ne les ai pas écrits. Cyprien, il s’oriente vers ça aussi je pense. Pour moi, grâce à Bagel et Canal, ça devient plus accessibles. Et comme les courts-métrages dans lesquels je joue ont une belle audience, ça peut potentiellement toucher des gens qui peuvent avoir des propositions intéressantes. 
 


Finalement, ça arrive assez tard ce long-métrage alors, que pour la plupart d’entre vous, vous êtes plutôt connus depuis pas mal de temps maintenant.


C’est tard mais, tant mieux parce que, au moins, ça s’est fait. Et je remercie ceux qui ont cru en nous, que ça soit Gaumont et les autres. Ils ont pris le risque de se dire qu’on est en 2017 et qu’on ne prend que des comédiens qui ont leurs preuves à faire. On est connu sur un autre média mais pas au cinéma. Donc c’était risqué. Là où je suis content c’est qu’on a fait un bon film, je pense. On a fait des avants-premières et le public réagit bien. On ne triche pas. Qu’il marche ou ne marche pas, j’aurai au moins la satisfaction d’avoir fait quelque chose de bien. Peut-être que ça sera le début de quelque chose de nouveau et que le fait d’être sur Youtube rendra le cinéma plus accessibles aux gens de ce média là.



Avant que Kemar ne vienne avec le projet du Manoir, vous parliez déjà de faire un long-métrage entre youtubeurs ?


Le Manoir, c’est vraiment le bébé de Marc et des autres auteurs. Il a pensé à nous et je l’en remercie. L’envie de faire du cinéma, on n’en parlait pas forcément au sein du studio Bagel mais on en avait l’envie tous je pense. Grâce à Marc et aux autres, cela a accéléré les choses.


Sur Youtube, vous faites tout seuls de A à Z. Ici vous êtes livrés au travail d’autres. C’est différent ? Complémentaire ?


C’est un film de pote écrit par un pote. On s’est tous un peu impliqués. Pas au point du scénario, ça reste leur bébé. Mais on a collaboré pour retravailler des vannes, des dialogues,… On n’était pas complètement passifs. On n’a pas complètement lâché prise. Le public qui nous suit déjà sur nos vidéos personnelles, peut s’y retrouver dans ce long-métrage. C’est sans doute pour ça qu’on a eu de bons retours aux avants-premières. Si t’aimes Vincent Tirel dans ses délires persos, tu vas le retrouver dans le film. Ils sont dans un autre univers et un autre personnage mais on les retrouve quand même.


Le film rassemble plein de youtubeurs aux profils très différents. Bien qu’il y ait un cadre établi, vous n’avez pas eu des craintes de voir si cela allait fonctionner ?


Mon personnage est complètement différent de ce que je fais d’habitude. Même si on y retrouve des choses que je fais dans mes vidéos. Ici, c’est une comédie horrifique, c’est sous tension. On n’est pas lâchés dans la nature. 


 
Comme le Palmashow l’avait fait pour Max et Léon, Le Manoir est plutôt un pastiche. Vous pensez que c’est la bonne formule pour passer du format court au format long ?


Je ne pense rien du tout. Il n’y a pas de stratégie derrière. On m’appelle et on me propose un rôle dans une comédie horrifique. Ce n’est pas un film d’horreur je trouve, même si des gens m’ont dit avoir eu peur. Je ne sais pas quel est le meilleur moyen d’accéder au cinéma si ce n’est de faire un film réussi. Pour le genre, je ne sais pas même si c’est un genre qui a du succès en France.



Avez-vous envie de passer au cinéma en tant que scénariste ou réalisateur ?


Oui. J’ai clairement des envies de cinéma mais je ne partirais pas dans un film de genre. Je partirais dans quelque chose de plus actuel. Plutôt une comédie…


Plus traditionnelle ? Pas dans un sens péjoratif.


Bien sûr. Mais oui voilà, plutôt comme ça, pas dans le genre. Je suis plus à l’aise comme ça mais après on ne sait jamais comment ça évolue. 
 


Comment se profile la suite ?


Pour le web, je vas continuer comme je l’ai toujours fait. Il y aura du Bagel, des vidéos persos et peut-être d’autres collaborations. Pour le cinéma, j’ai clairement envie de continuer, de bosser sur d’autres projets. Je vais tourner d’autres choses bientôt. Mais je ne veux pas me mettre la pression. Je veux que ça soit spontané. La suite sera en vidéo, pour les médias, on verra. Là je suis en prépa pour un film qui sortira l’an prochain. On fera une interview dans un an pour parler de l’autre film.


Je ne peux terminer sans poser cette ultime question. Les cheveux : pourquoi ?


J’aime bien changer de tête. Là pour les interviews, on a été maquillés. La maquilleuse, qui était sur Le Manoir m’a demandé « Tu joues dans le film ? » Je lui dis, « Bah oui, je joue Bruno, le roux ». Elle ne m’avait pas reconnu. J’aime changer de tête. Lors d’une séance de réécriture, on essayait d’étoffer le personnage. Il m’a dit qu’il avait une idée et il pensait que je ne serais pas d’accord. « Je te verrais bien en roux ». J’ai dit « Vas-y c’est bien, ça va donner quelque chose ». Il ne fallait pas faire de vanne là-dessus par contre. C’était juste pour ajouter quelque chose.