Rencontre avec François-Xavier Demaison, à Paris, dans un petit hôtel niché non loin de la très sympathique et historique rue Montorgueil. Amusant, François-Xavier m’invite à le suivre pour cette interview à la manière d’un médecin qui recevrait un de ses patients ! Une interview donnée à l’occasion de son dernier film Comment j’ai rencontré mon père, la première réalisation de Maxime Motte.

La comédie ou une part de comédie… ça vous est indispensable ?

Je ne sais pas… mais c’est pour cela que l’on vient me chercher ! La comédie, quand elle est au service comme ça d’un joli propos, de jolies valeurs, c’est merveilleux. Avec Maxime Motte, il y a un véritable univers. C’est un poète. Tout comme Tellement proches, Comme des frères, Comment j’ai rencontré mon père est un film plein de sincérité, de justesse… on rit beaucoup, mais on est quand même touché. C’est peut-être ce que je préfère faire au cinéma.

Comment allez-vous à la rencontre d’un personnage à interpréter ?

On commence par être soi-même à l’écran, avec tout ce que l’on trimballe physiquement, de vécu… C’est la rencontre de cette partition et de cet instrument qui va donner des notes… et ça va être le rôle.

Doit-on avoir quelque chose en commun avec le personnage que l’on va interpréter ?

Ce point commun, il faut le trouver. Chez Eliott, j’ai aimé sa tendresse, sa générosité, son amour pour ce petit garçon. J’ai détesté cette fuite, son incapacité à assumer cette paternité, son côté fluctuant… ça m’a rappelé des choses personnelles.

Y a t’il une forme d’engagement quand on choisit d’interpréter un rôle ou est-ce juste un job ?

J’ai choisi ce film pour les valeurs qu’il dégage, pour sa dimension très humaine. Quand on parle de l’individu au plus près, on touche le plus grand nombre, on est très universaliste. Et j’aime l’idée que ce soit ce migrant qui va débloquer la situation dans cette famille plutôt nouée. Contrairement à Isabelle Carré, je me sens tout à fait capable de jouer un parfait salaud, ça ne me dérangerait pas et j’y prendrais beaucoup de plaisir, car je pense que l’on a tous en nous une partie sombre. De Funès nous fait rire en étant quand même le type fort avec les faibles et faible avec les forts ! Ce qui n’est pas très positif, ni très valorisant !

Après 12 ans de carrière en tant qu’artiste, vous retournez-vous parfois sur ce chemin tracé, très loin de vos débuts dans la finance ?

Pas du tout ! Pour moi, le meilleur et le plus beau sont à venir. Je fais beaucoup de choses entre la scène, les one man show, le Théâtre de L’Oeuvre que j’ai racheté avec Benoît Lavigne, la production du documentaire Mon maître d’école d’Émilie Therond…

Ça évite d’attendre derrière son téléphone ?!

Il y a de ça. Il y a aussi l’envie de suivre ses coups de cœur… et qu’on ne me dise pas non !

Est-ce que le choix de la comédie, qui a votre préférence, n’est pas un choix ingrat : la comédie est souvent mal reconnue, peu primée. Une comédie ratée est souvent plus éreintée qu’un film dramatique raté. Est-ce que cela a pu être douloureux pour vous ?

Douloureux ? Non. Je trouve effectivement dommage que, sans vouloir se comparer en permanence aux États-Unis, on ne puisse pas comme Brad Pitt faire un film d’action, un film avec un réalisateur sélectionné à Cannes et une comédie parfaitement potache. Toute cette palette, c’est très positif. On doit accepter ces différences. Je viens de la comédie, j’adore la comédie, mais je trouve qu’il y a parfois des snobismes qui n’ont pas lieu d’être.