En plus d’une déjà très intéressante carrière de cinéma, Benoit Debie travaille également dans la publicité. Cela lui a donné l’occasion de travailler avec Matthew Mc Conaughey (Mud, Le Loup De Wall Street, Dallas Buyers Club) pour la publicité Lincoln réalisée par Nicolas Winding Refn (Drive, Bronson, Only God Forgives), Liv Tyler et Darren Aronofski pour Givenchy et plusieurs fois avec Derek Cianfrance (Blue Valentine, The Place Beyond The Pines). Après la première partie axée sur le métier de chef op, voici la seconde, axée sur la carrière de Benoit Debie.

Benoit Debie

Benoit Debie

Je voulais maintenant aborder les différents réalisateurs avec qui vous avez travaillé. Le premier fût Gaspar Noé avec Irréversible.

Le concept d’Irréversible c’était de faire 7 plans-séquences en fait. Tout tenait là-dessus. Ce sont des vrais plans-séquences. Il a juste fait des morphs (NDLR : morphing) entre les plans pour les racorder mais c’est tout. C’etait chouette. C’est marrant parce que ça fait longtemps que je l’ai fait donc si je devais le refaire maintenant, ça me paraitrait facile mais à l’époque c’était un beau défi.

Surtout pour éclairer. D’où le fameux “éclairer sans éclairer”.

Oui c’est ça. C’était judicieux. Il voulait pouvoir faire des plans de 360° avec la caméra et voulait plus que ça ressemble à un fait divers qu’à un film de fiction. Du coup, il m’avait dit qu’il ne voulait pas que j’utilise des projecteurs et que tout devait être des lampes dans le champs: une applique, un sodium,… On a donc éclairé en donnant l’impression que ça ne l’est pas. Le film a été éclairé. On a dû gérer ça de manière particulière et tout éclairer avec des ampoules.

C’est vraiment ce film là qui a lancé votre carrière.

Avant je travaillais chez RTL. Irréversible a été mon premier long-métrage qui a été vu. Ca m’a permis d’arrêter progressivement la télé et de me lancer dans le cinéma.

Du coup, vous diriez que c’est quoi votre patte ? Est-ce que vous pensez en avoir une déjà?

Je sais pas. Souvent, des gens me disent “ça se voit tout de suite que c’est un film que tu as éclairé”. Il y a des choses que j’aime faire mais je travaille avant tout par rapport à un film. Je n’essaie pas de faire chaque fois ce que je sais faire. J’essaie de m’adapter au film et surtout d’évoluer et de faire de nouvelles choses. C’est ça que j’aime bien, essayer des trucs que je n’ai jamais fait ou que je ne sais pas faire. C’est sur que j’aime la couleur, les contrastes. J’aime beaucoup le noir. Gaspar a dit un jour dans une interview “Debie, pour lui le noir est une couleur”. J’avais jamais pensé à ça mais c’est vrai que j’adore le noir. Ca ne me fait pas peur alors que chez beaucoup de gens oui. J’adore ça, je trouve ça génial et je l’utilise beaucoup. J’essaie aussi de rester relativement naturel. J’y fais très attention. J’éclaire aussi, il y a des films où j’utilise des projecteurs mais, quand j’en utilise, j’essaie toujours de faire en sorte que ça ne se sente pas ou qu’on ne se dise pas que ça a été éclairé. Il y a des films, je pourrais te dire sur plan où était la lumière tellement c’est éclairé. Donc j’essaie toujours de rester relativement naturel. J’observe d’abord le lieu avant de commencer à l’éclairer. Je regarde la lumière qui rentre dans la pièce, je l’analyse et je me demande si et comment je dois l’amplifier tout en la respectant.

Extrait de Enther the Void de Gaspar Noé (2009)

Extrait de Enther the Void de Gaspar Noé (2009)

Avec Fabrice Du Welz, on est plutôt dans le fantastique. Quelle est votre relation par rapport au genre ?

Avec Fabrice on a commencé sur un court-métrage, celui grâce auquel Gaspar m’a repéré. Le fantastique, je peux l’aimer mais ça va dépendre de l’histoire ou du contexte. Fabrice, plus y a du sang, plus ça gicle partout, plus il est heureux. Ce que j’aime dans ce cas de figure, c’est que ça me permet d’exploiter mon style. De jouer sur les densités, les contrastes, les couleurs, parce que ce sont des films qui le peremttent, pls qu’une comédie ou un film musical. C’est le côté qui fait que notre collaboration fonctionne.

Harmony Korine. Comment êtes-vous arrivé sur Spring Breakers ?

Gaspar et lui se connaissent. Un jour, je pense que Gaspar lui a dit “Tu dois essayer Benoit”. Il m’a appelé, on a discuté du projet puis finalement le film ne s’est pas fait. Il y a déjà un petit temps de ça. Il n’avait pas le budget. Un jour, il a rencontré, c’est une longue histoire mais assez sympa, Janusz Kaminski, le chef op de Spielberg donc. Il avait dit à Harmony qu’il voulait bien faire Spring Breakers avec lui. Grâce à Janusz, Harmony a réussi à remonter le financement du film. Quand t’as Kaminski sur ton film, les financiers sont plus rassurés. Le film s’est monté, Harmony était content. Du jour au lendemain, Janusz a lâché le truc. Harmony m’a rappelé tout en étant désolé mais bon, je comprends tout à fait. Les producteurs, comme ils avaient donné l’argent grâce à Janusz, ils voulaient un genre de star de la photo. Ils sont donc partis sur Christopher Doyle. Doyle va sur le projet mais pour diverses raisons, il le quitte. Finalement, il me rappelle de nouveau. J’avais suivi l’histoire depuis le début, Harmony était assez honnète avec moi et je trouvais ça plutôt cool de faire ça avec Christopher Doyle. J’ai donc fait le film et Harmony était très heureux, c’était pas en dépis de… Ce qui est génial avec lui c’est qu’il m’a dit qu’il voulait que la lumière soit aussi la star du film, ce qu’on ne m’a jamais dit quand je fais un long-métrage. Ils aiment bien avoir une belle image mais pas nécessairement que ça prenne une telle place. Pour lui, c’était très important que le visuel du film soit très fort. Il m’a donné 2/3 directions sur comment il voulait que le film soit, très pop, très fluorescent, saturé en couleurs puis il m’a foutu la paix, il m’a dit “Tu fais ce que tu veux, je te fais confiance”. Je me suis dit que c’était génial parce que c’était un film où j’ai pu exploiter des couleurs qui n’existaient pas dans le cinéma, des couleurs un peu improbables. Tu ne peux pas utiliser des couleurs comme ça dans n’importe quel film. Tu ne peux pas éclairer Colt 45 comme Spring Breakers. J’ai donc cherché des couleurs que j’avais envie d’utiliser mais que je n’avais vraiment pu utiliser. On a fait plein de recherches sur les bikinis, les fluorescents,…

C’est un film qui a été difficile à faire parce qu’on n’avait pas beaucoup d’argent et pas beaucoup de temps. On avait 5 semaines pour le tourner. Du coup, on a un peu fait comme on pouvait. C’est peut-être le film sur lequel je me suis le mieux amusé, c’était fun. Du coup, on est en train de bosser sur le suivant. Pas le prochain Spring Breakers mais le prochain film d’Harmony.

J’allais justement y venir.

Ce qui s’est passé c’est que les producteurs veulent en faire un second mais Harmony ne veut pas. Ils m’avaient demandé de le faire mais j’ai dit non car si Harmony ne le faisait pas, je ne le faisais pas. Puis même, j’ai pas envie de faire un second Spring Breakers. Je pense qu’ils sont un peu en procès enfin, je pense que ça ne sera sans doute pas.

Harmony, lui, prépare un autre film, qui sera un gros film cette fois-ci. Comme Spring Breakers a super bien marché, il a beaucoup plus facile de monter un film. Le script est super. On va tourner normalement en janvier, février et mars. C’est à Miami en Floride et c’est vraiment un beau beau script, assez intense. Harmony m’a expliqué qu’avant il faisait des petits films indépendants sans beaucoup d’argent et depuis Spring Breakers, il s’est rendu compte que c’était chouette que ses films soient vus. C’est lui qui écrit ses scénarios. Il m’a dit, “Quand j’ai a réécris celui-ci, je veux faire ce que j’aime faire mais que ce soit vu aussi”. Le script est vraiment bien parce que c’est un film pour les jeunes mais fort et qui peut aussi être commercial. Ca peut marcher. Il m’a expliqué qu’il voulait faire un truc, de nouveau pour moi c’est assez chouette, il veut faire un visuel qu’on n’a jamais vu, un truc unique. Il me lance des pistes, des défis. Il veut que ça soit plus comme un jeu vidéo où la caméra est un peu passe partout avec des lumières étranges comme dans les jeux vidéos tout en n’étant pas un jeu vidéo. On réfléchit à ce qu’on peut faire, comment on va le faire, si on tourne en pellicule.

Il connait déjà la réponse, il sait que vous allez vouloir le faire en pellicule.

On en a parlé, on va le faire en pellicule. Il m’a demandé ce que j’en pense et je lui ai dit que ça serait bien de le faire en pellicule quitte à ce qu’on mélange certaines fois les supports s’il y a lieu. Sur Spring Breakers il y a eu des mélanges. On a tourné en pellicule mais il y a eu des parties aussi digitale. Il veut encore des couleurs assez fortes, on ne peut pas encore les avoir en numérique.

Extrait de Spring Breakers de Harmony Korine (2016)

Extrait de Spring Breakers de Harmony Korine (2013)

Le 4k ce n’est pas encore ça pour vous ?

Ce qui se passe c’est que t’as les couleurs. T’as le rouge, le vert, le bleu, mais t’as pas les nuances dans les couleurs. La caméra Alexa, t’as un bleu, mais si tu veux un bleu pourpre ou un peu vert, ça reste. Enfin, ce sont des bleus un peu plus denses ou un peu plus légers, plus foncés mais t’as pas les nuances, ça ne fonctionne pas. Ce qui marche un peu mieux c’est la Sony S65, la toute grosse Sony mais ça a une image un peu plus, enfin, c’est du Sony mais les couleurs sont un peu plus justes.

J’ai lu dans une interview presque vieille de 10 ans maintenant que vous deviez faire le film de Marilyn Manson. Je n’ai plus jamais entendu parler de ce projet depuis.

Oui oui. C’était un beau projet ça, magnifique. Il voulait faire Alice Au Pays Des Merveilles mais version Marilyn Manson. J’ai travaillé pas mal de temps avec lui. J’ai été à Los Angeles une semaine, on a travaillé ensemble sur le film, il est venu à Paris et on a retravaillé avec le chef déco, il voulait tourner ça en décors. C’était un très beau script, surtout que l’univers de Manson est incroyable. J’étais assez excité. Finalement, ça ne s’est jamais fait. Comme il est beaucoup dans la musique, il n’avait pas le temps. Quand tu fais un film, c’est au moins 2 ans de ta vie. Il n’avait finalement pas le temps de se dire “je m’arrête un an ou 2 pour faire ça.

Il faut le relancer alors, il a fait l’acteur pour Sons Of Anarchy récemment.

Il le fera peut-être et, s’il le fait, je pense qu’il m’appelera. C’est vraiment un très très chouette mec. Il est très intelligent. J’ai passé une fin de soirée chez lui. Il fait de la peinture. C’est très noir, très beau. Il m’a montré un dvd avec des références pour le film. C’était tout sauf des films. C’était des sculptures, des oeuvres d’art, des photos. Tout des trucs incroyables que je ne connaissais pas. C’est un vrai artiste.

Une des dernières collaborations, il était acteur dans Get The Gringo, Mel Gibson.

Ca j’ai adoré. Quand ils sont arrivés à moi, je me suis dit “Chouette, je vais travailler avec Mad Max”. C’est toute ma jeunesse Mad Max. J’ai toujours adoré ses films et même, La Passion Du Christ, Apocalypto j’adore. Et même Braveheaert, ça a veilli mais ça reste un bon film. J’étais assez excité à le faire. Il était producteur, co-réalisateur et acteur. Son réalisateur c’était son assistant réal sur Apocalypto, c’était son premier film. Il avait donc dit à Adrian (le réalisateur NDLR) “Ecris le film, je le fais avec toi, je te le produis et je joue”. Pendant qu’on tournait, c’était un peu compliqué. Il était en pleine séparation et il avait pas mal d’ennuis à ce moment là. Du coup, il était un peu de mauvaise humeur. C’est un mec intense. Je l’ai bien aimé. C’était fascinant. J’ai appris des choses avec lui. Déjà en tant que comédien, il est impresionnant. Quand tu le regardes jouer, tu vois qu’il sait ce qu’il fait. Et même en tant que metteur en scène. Il ne mettait pas en scène ici mais il gérait quand il voyait que quelque chose n’allait pas. Il voit aussi le côté commecial du film. Il ne voit pas que le côté artistique. Il voit qu’il doit le vendre après. C’est assez intéressant. Un jour, il était assis sur le décor et il y avait le coucher du soleil mexicain. Je disais qu’il fallait tourner parce que sinon c’était fini. Les mexicains, tu sais ce que c’est… Ils travaillent bien mais voila. Mel s’est mis devant la caméra et on a tourné à deux. Je me suis dit “Wow, Mel Gibson qui vient”. Alors que je ne lui demandais même pas. Je pense qu’il avait compris que si on ne le faisait pas on n’avait pas le plan. Un autre jour, c’était encore plus gros et je me suis dit que c’était impressionant parce qu’il était le producteur et que ça lui coutait de l’argent, on avait fait une grosse cascade. T’as vu le film ?

Extrait de Kill the Gringo de Adrian Grunberg (2012)

Extrait de Kill the Gringo de Adrian Grunberg (2012)

Oui oui je l’ai vu.

Tout le début du film, il y a la poursuite en bagnole et la bagnole se retourne. On avait tourné au coucher du soleil. Quand la voiture passe la barrière et se retourne, j’avais demandé à faire ça au coucher du soleil. On ne l’a fait qu’une fois parce que c’était assez dangereux pour le cascadeur. Quand la lumière était bonne, on a tout lancé et on a fait la séquence. La séquence qui se déroule après ça, on devait la tourner le lendemain. C’était un scène de dialogue. Le lendemain, à 9h du matin, j’ai dit au réalisateur que ça serait difficile pour moi pour matcher avec ce qu’on avait fait la veille. Il le savait mais il fallait avancer sur le plan de travail. Mel arrive, nous salue et me dit “Tu vas faire comment pour matcher avec ce qu’on a fait hier ?”. Je lui réponds que c’est pas cool mais qu’ils aimeraient bien tourner. Il repart, retourne dans sa loge et il n’en n’est pas ressorti. Il est ressorti à 16h. Il ne m’a jamais rien dit mais je suis certain qu’il savait que ça ne servait à rien d’aller tourner le truc à 9h du matin parce que ça ne marcherait jamais. A 16h, il est arrivé et on a tourné le truc. Je me suis dit que c’était cool parce que ce gars là sait ce que c’est que de faire des films, ce que c’est le cinéma. Chapeau. Il aurait pu dire “je m’en fous, on tourne” mais non. C’est quand même un mec qui respecte les postes. Ils connaissent ça par coeur.

Sur ce tournage là, il y a justement un belge que vous avez croisé.

Oui.

C’est l’acteur belge qui a sans doute tourné dans le plus de films américains mais que personne ne connait.

Oui, Patrick (Bauchau NDLR). Ce qu’il y a de génial c’est que je l’ai recroisé sur le Wim Wenders que je viens de tourner. Je ne le connaissais pas et la production m’a dit qu’il y avait un belge. Il n’avait pas un grand rôle donc il n’est resté qu’une semaine ou quelque chose comme ça. Il s’est lié d’amitié avec moi parce que j’étais belge et tous les soirs on allait manger ensemble. Il est très chouette. On s’est revus sur le film de Wim. Wim a fait 2 longs-métrages avec lui je pense, il y a 20/30 ans.

Autre film qui sortira prochainement, Lost River de Ryan Gosling.

Je l’ai rencontré il y a 6-7 ans Ryan, à Los Angeles. Il avait appris que j’étais là et avait demandé à me voir. On a été boire un café ensemble et il m’a dit “j’ai un film, j’aimerais bien que tu le fasses éventuellement avec moi”. Il n’était pas encore très connu. Il l’était mais pas comment maintenant. Il n’avait pas fait Drive. Il avait vu Irréversible je pense et il adorait le film donc il voulait le chef op. Finalement, il n’a jamais fait ce film là. J’étais à Los Angeles pour l’étalonnage de Spring Breakers je pense et il m’a demandé si on pouvait se voir un soir. On a passé la soirée ensemble et il m’a raconté son script, qu’il n’avait pas fini d’écrire encore. Il me dit alors qu’il aimerait que j’en sois et me demande si ça me tente. Je lui dis que oui. C’est son premier long-métrage. Je lui dis de l’écrire et de m’envoyer le script et on en parlerait. De fil en aiguille, j’avais de plus en plus envie de le faire. J’avais un beau film avec Benicio Del Toro qui tombait en même temps. Ca se passait dans un pays tropical. Je me suis dit que c’était con, surtout que c’était un beau budget. Puis il y avait le film de Ryan. Je me suis dit que non, je voulais faire celui de Ryan. J’ai dis non à l’autre et je suis parti avec Ryan qui était un petit film indépendant, son premier long. Il est super chouette. Il est à l’écoute de tout le monde, visuellement il a du gout. J’aime bien le film.

Je ne l’ai malheureusement pas encore vu.

Il a été un peu critiqué à Cannes mais je pense que c’était aussi un peu facile. C’est Ryan Gosling, c’est son premier long. Ils ont un peu la critique facile des fois. Il y a peut-être des choses à redire, je dis pas que le film est parfait mais je trouve qu’il est chouette, il y a un vrai visuel. Je pense que ce sera un bon metteur en scène dans les années à venir. C’est ce qu’il veut faire en tout cas je pense.

Benoit Debie, Ian De Caestecker et Ryan Gosling lors de la première de Lost River à Cannes en 2014.

Benoit Debie, Ian De Caestecker et Ryan Gosling lors de la première de Lost River à Cannes en 2014

C’est bien de varier les plaisirs.

Tu vois, ce sont des acteurs qui sont adorables. Il y en a qui sont difficiles. Finalement, ce ne sont pas les plus compliqués. Pour moi ce sont les français. Certains acteurs, c’est un enfer. Je ne vais pas dire mais je ne vois pas pourquoi ils sont comme ça. Ils sont surpayés et font chier tout le monde. Les américains pas parce qu’ils sont assez précis et rigoureux. Il y a peut-être des capricieux. Regarde Mel, c’est un mec intense. Quand il travaille, il travaille. Il est précis. Il ne vient pas juste faire le guignol. Les studios ne rigolent pas. Si ça se passe mal, ils ne te prennent plus après. Souvent, les acteurs sont producteurs de leurs films aussi. Comme Tom Cruise par exemple. Enfin, je crois que Tom Cruise c’est plus dur…Il est producteur. Il sait très bien qu’il a intérêt à être là et à faire son boulot.

J’adore Tom Cruise.

Je crois qu’il est un peu plus difficile à gérer.

Il aime tout contrôler. J’ai grandis avec les Mission Impossible donc voila.

 Moi c’était les Mad Max et même les Armes Fatales aussi.

Dans vos projets, il y a un film indien, le Korine,…

Le Korine, le Gaspar Noé aussi (Love NDLR). Dans l’ordre je fais le Gaspard bientôt puis je fais le Harmony Korine et normalement j’avais aussi le film de Shekhar Kapur en Inde (Paani NDLR) qui était un gros gros projet mais la seule chose c’est qu’ils ont repoussé parce qu’ils n’ont pas…

Ah ça n’a pas encore été tourné ?

Ca fait deux ans que je dois le faire mais non. Le film de Wim Wenders je l’ai tourné. On l’a fait en deux parties. L’été 2013 et l’hiver de cette année ci. En janvier et février on était à Montréal. Ca c’est toujours en post-production, on va le terminer bientôt. Paani, ils devaient le tourner il y a deux ans puis il l’ont repoussé et repoussé. Cette année il devait démarrer maintenant. C’était même compliqué pour moi parce que je voulais faire les films de Gaspar et d’Harmony. Finalement, ils m’ont dit qu’ils le repoussaient encore d’un an parce qu’ils n’ont pas le financement complet. Il a fait Elizabeth et Elizabeth l’Age d’Or pour les américains Shekhar Kapur et ici il veut faire un film totalement indépendant pour pouvoir le gérer à sa guise. Du coup il a besoin de beaucoup d’argent mais il ne le trouve pas facilement. Ca prend un peu de temps.

C’est le cinéma.

Oui. Le nombre de fois où on m’appelle et que ça ne démarre pas, tu fais le suivant et voila.

Extrait de The Runaways de (2010)

Extrait de The Runaways de Floria Sigismondi (2010)