Attention, débuts d’une saga culte !

Affiche de Mad Max

Affiche de Mad Max de George Miller (1979)

Sur les autoroutes désertées d’une Australie méconnaissable, une guerre sans merci oppose motards hors-la-loi et policiers Interceptor, qui tentent de triompher de la vermine au volant de voitures aux moteurs surgonflés. Dans ce monde en pleine décadence, les bons, les méchants, le manichéisme disparaissent…

La fin des années 70 fut très importante dans l’histoire du cinéma. C’était l’époque d’un cinéma qui se voulait un peu transgressif. Star Wars, Massacre à la Tronçonneuse, Les Dents de la Mer, les titres sont nombreux. En 1980, un jeune réalisateur australien se lance dans l’aventure avec un film post-apocalyptique. Le pari était risqué. Le sujet était quand même casse-gueule même pour ce qui était attendu comme un film d’action dramatique, d’autant plus que son acteur principal, Mel Gibson était un parfait inconnu.

A une époque non déterminée, Max, un policier de la route, doit faire face à un redoutable gang de motards. Ces membres du gang ont commis quelques atrocités sur le territoire dont s’occupe l’unité de Max. Après que son meilleur ami et coéquipier meurt carbonisé dans une altercation avec cette bande, Max quitte tout et part avec sa famille. Mais en chemin, il va recroiser la route de ces motards et va alors faire chemin inverse. Il n’hésitera désormais plus à user de la force pour faire payer ses poursuivants.

L’histoire est somme toute assez classique mais elle est diablement efficace. Elle joue d’un flou assez utile et ne se soucie pas de l’inutile. Le spectateur n’a que quelques informations sporadiques. Il ne sait pas où l’histoire se situe, ni quand. Il sait juste que c’est un monde post-apocalyptique. Cette manière de procéder amène le spectateur à se focaliser sur l’essentiel et à ne pas devoir se tracasser d’éléments qui ne feraient que polluer le récit. On remarque clairement un clivage par rapport à ce film et la sauce qu’Hollywood nous sert actuellement. Le héros a de vrais enjeux dramatiques. Il n’est pas un super-héros qui encaisse les coups sans sourciller. Il en bave. Physiquement comme moralement. C’est typiquement le type de héros des films d’action des années 80.

Extrait de Mad Max

Extrait de Mad Max de George Miller (1979)

La réalisation de Miller, dont c’est le premier film ne l’oublions pas, est attrayante et réussie. Elle a des moments de fulgurance qui offrent des moments visuellement impressionnants, particulièrement dans les scènes, nombreuses, de violence. Car c’est un peu ce pour quoi le film a fait parler de lui, sa violence. Très visuelle mais aussi psychologique. Le film a même du faire face à la censure alors que des films autant si pas plus violents sont sortis dans la décennie précédente. Mais la différence se situe ailleurs. Dans Mad Max, la violence est cautionnée, presque excusée à cause de l’empathie que le spectateur a pour Max. Cette violence est néanmoins nécessaire. C’est comme ça dans tous ses films et ça l’était déjà dans celui-ci, les personnages des films de Miller sont dans une quête identitaire qui ne se passe pas sans mal.

Dans le rôle principal, il y a le jeune premier Mel Gibson. Ce rôle marque le début marquant de sa carrière. Autant dire qu’il a clairement assuré et que son statut de star était quasiment certain. Quasiment puisque même lors de la sortie du second volet, Gibson n’était pas encore hyper connu comme il l’est aujourd’hui. Le rôle du grand méchant est tenu par Hugh Keays-Byrne, acteur que l’on retrouvera justement dans le quatrième volet, Mad Max Fury Road. Keays-Byrne a un côté très ambigu, assez pervers qui donne de l’ampleur et du caractère à son personnage. Les deux autres rôles qui vaillent la peine d’être mentionnés sont ceux tenus par Steve Bisley qui interprète Goose, le coéquipier et meilleur ami de Max et par Joanne Samuel qui joue l’épouse de Max, un rôle essentiel de l’histoire.

George Miller signe avec Mad Max une dystopie et un film d’anticipation majeur. Avec la sortie d’un quatrième épisode près de 30 ans après le troisième épisode, ce sentiment n’est qu’augmenté et ancre définitivement la saga dans l’histoire du cinéma. Un film qui, même s’il a plutôt mal vieilli, il faut bien le reconnaître, reste marquant et un vrai plaisir. Un incontournable, tout simplement.

Features Stats Integration Plugin developed by YD