Les seconds épisodes sont souvent moins bien que les premiers ? Pas toujours.

Affiche de Mad Max 2

Affiche de Mad Max 2 : Le Défi de George Miller (1981)

Dans un futur non défini, les réserves de pétrole sont épuisées et la violence règne sur le monde. Max, un ancien de la sécurité routière, se porte aux secours d’une communauté de fuyards aux prises avec des pirates de la route. La bataille se concentre autour d’une citerne de raffinerie.

Mad Max 2 : Le Défi est sorti dans le monde en 1982 soit 2 ans après la sortie du premier. Dans les faits, il est sorti en 1981 en Australie alors que le 1 était sorti en 79. Globalement, le succès du film a démarré par là. C’est d’abord grâce au succès local qu’une suite a été mise en chantier. En même temps, il avait un petit budget et a cartonné au box-office, un deuxième épisode était donc la suite logique, avec plus de budget évidemment. C’est véritablement grâce à ce film que Mel Gibson est devenu la star qu’il est aujourd’hui. Et si le Mad Max premier du nom faisait rentrer dans le cercle des réalisateurs à suivre George Miller par la grande porte, Mad Max 2 : Le Défi l’a définitivement fait rentrer dans le panthéon des réalisateurs cultes parce que, des films comme ça, on n’en voit pas souvent.

Aux premiers abords, on n’a pas l’impression de voir quelque chose de proche du premier volet. C’est visuellement très différent, les décors ne se ressemblent pas, l’atmosphère non plus. Les deuxième et troisième épisodes se ressemblent mais le premier est presque à part. L’ambiance anxiogène et étouffante du désert dans lequel le film se déroule donne le ton directement. Max est seul au volant de son Interceptor. Mais, avoir une voiture implique qu’il faut faire le plein. Et quand les réserves de pétrole sont faibles et qu’on se trouve dans le désert, la tâche est encore plus ardue. Dans que quête de carburant, Max va rencontrer un pilote d’autogyre qui l’informe qu’une trentaine de personnes possède des réserves de pétroles importantes. Le problème, c’est que cette communauté est régulièrement assaillie par une bande de malfrats.

La fin du premier film s’était terminée par un sacré traumatisme pour Max. Ce fut le début de sa quête d’identité et ça a mis Max au pied du mur. Ce choc fut intense et a durablement marqué Max. On le retrouve ici alors qu’il erre, seul, plus déterminé que jamais. Mais sa rencontre avec le pilote d’autogyre va marquer un nouveau changement. L’homme qui va d’abord être son prisonnier va ensuite se considérer comme son partenaire. Cela va faire résonner de vieux souvenirs à Max qui a tiré un trait sur son ancienne vie. La psychologie des personnages est extrêmement importante et ne passe pas en second plan contrairement à ce que l’on pourrait croire. Mais la force de l’écriture de Miller réside dans le fait que chacun des films est totalement indépendant des autres. Nul besoin de voir le 1 pour comprendre le 2.

Extrait Mad Max Le défi

Extrait Mad Max 2 : Le Défi de George Miller (1981)

Parce que oui, ce qui frappe avant tout, c’est la mise en scène complètement dingue de Miller. Le film offre des séquences qui restent dans les esprits. Il y en a une particulièrement, c’est cette scène de course-poursuite complètement dingue. Jamais auparavant quelque chose de ce genre n’avait été fait à une échelle pareille. Miller utilise les codes du western pour donner au film un caractère particulier puisque, ne l’oublions pas, cela se déroule dans un monde post-apocalyptique. Dès le début, le rythme tient en haleine et ce jusqu’à cette apothéose magistrale. C’est totalement immersif. Pas une seconde le spectateur ne détourne sont regard, pas une seconde le film ne baisse de régime. Dès son second film seulement, George Miller a frappé fort. Très fort. Premièrement, rares sont les seconds épisodes de sagas qui sont aussi bien que le premier et encore plus rares sont ceux qui sont meilleurs. Deuxièmement, rares sont les réalisateurs qui mettent autant d’intensité et de passion dans leur œuvre. Bref, le pari était plus que réussi.

Et si Mel Gibson, toujours au top, est encore plus impressionnant, il ne faut oublier ses partenaires de jeu. Le pilote d’autogire est joué par Bruce Spence, acteur qui reviendra dans le troisième épisode de la saga mais dans un rôle totalement différent. Il forme avec Gibson un duo assez drôle qui fonctionne très bien. A eu deux, ils doivent faire face à Kjell Nilsson qui interprète le grand méchant du film, le seigneur Humungus mais surtout Vernon Wells qui joue Wez, le sbire d’Humungus. La présence de Wells est mémorable, de grande qualité. Mais il faut tout de même souligner le travail de Gibson qui n’est pas la que pour l’action. Comme décris plus haut, son personnage est torturé et accuse le coup de sa terrible perte. Il s’est endurci et ne doit pas montrer ses failles, challenge que Gibson relève avec succès.

Bref, en attendant de voir ce que donne Mad Max Fury Road, Mad Max 2 : Le Défi peut incontestablement être considéré comme étant le meilleur épisode de la saga. Entre mise en scène incroyable, scènes mémorables, acteurs charismatiques et course-poursuite historique, le film avait tous les atouts pour rester dans les annales, ce qui est chose faite.