Monument de la japanimation

Dans un Japon futuriste régi par l’Internet, le major Motoko Kusunagi, une femme cyborg ultra-perfectionnée, est hantée par des interrogations ontologiques. Elle appartient, malgré elle, à une cyber-police musclée dotée de moyens quasi-illimités pour lutter contre le crime informatique. Le jour où sa section retrouve la trace du ‘Puppet Master’, un hacker mystérieux et légendaire dont l’identité reste totalement inconnue, la jeune femme se met en tète de pénétrer le corps de celui-ci et d’en analyser le ghost (élément indéfinissable de la conscience, apparenté à l’âme) dans l’espoir d’y trouver les réponses à ses propres questions existentielles…

On vous a parlé l’an dernier de Paprika de Satoshi Kon. Si vous avez vu ce film ou lu notre critique, vous n’êtes pas sans savoir que le cinéma d’animation japonais, dit japanimation, ce n’est pas que le travail du studio Ghibli. Paprika est un film très sérieux, pas spécialement pour un public jeune à la base. Il en est de même pour Ghost In The Shell.

L’œuvre de Mamoru Oshii est adaptée du manga de Masamune Shirow et a contribué à sa renommée actuelle. Il narre l’enquête menée par le major Motoko Kusunagi, une femme cyborg membre d’une unité spéciale de la police. Cette aventure se déroule dans un univers cyberpunk où la technologie est très avancée et où règne un parfum de dystopie. Ce qui fait la grande force du métrage, c’est justement cet univers, très intéressant au niveau graphique, architectural, technologique ou encore au niveau de ses thématiques. C’est très riche. L’histoire n’est pas trop complexe et se suit aisément ce qui n’empêche qu’elle est tout de même riche aussi. Il s’agit d’une enquête policière mais elle est agrémentée de questions sur l’intelligence artificielle, d’interrogations personnelles et de réflexions diverses sur l’humanité et la réalité.

Le film est aussi particulier de par la dynamique qu’Oshii lui a insufflée. Pour un film d’animation, le rythme est plutôt lent. Cette lenteur est l’une des marques de fabrique de Mamoru Oshii qui parvient à donner une énergie propre à chacun de ses films. Ghost In The Shell comporte beaucoup de scènes de dialogues mais, en deux temps trois instants, le tout s’emballe et l’action prend le dessus. Cette alternance bien vue a depuis été souvent reprise dans le cinéma d’animation japonais. L’influence du film fut énorme et cela se voit dès le générique de début qui n’est pas s’en rappeler Matrix. Les Wachowski ne s’en sont d’ailleurs jamais caché.

De par son atmosphère, son ambiance pesante et très sombre, ses thématiques et son rythme, Ghost In The Shell a su s’imposer comme une référence de l’animation japonaise et même une référence cinématographique d’une manière plus générale. Ce n’est pas de l’animation destinée à un jeune public (bien qu’il n’y ait pas de problème en soi à ce que des jeunes le regardent) car il mérite de la réflexion et de l’attention. C’est un pilier à ne pas manquer.

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