On était à Montréal pour Fantasia 2016

Si vous suivez Cinephilia depuis plusieurs années, vous savez qu’on aime beaucoup le cinéma fantastique. Nous suivons plusieurs festivals spécialisés, principalement à Bruxelles et Paris mais, cette année, nous nous sommes rendu à Montréal pour en découvrir un autre très important : Fantasia.

Voici un petit compte-rendu rapide de tous les films que nous y avons vu.

Par ailleurs, nous vous proposons deux interviews : une de Christopher Lloyd himself et une de Fede Alvarez, le réalisateur du remake d’Evil Dead et de Don’t Breathe.

La majorité de ces films ne sera pas visible en salles. Pour ceux qui seront (probablement) distribués, on peut citer Don’t Breathe, Un petit boulot, Before I Wake ou encore In a Valley of Violence. Parmi ceux qui ne le seront pas, avec un peu de chances, vous aurez sans doute l’occasion d’en voir certains lors de festivals comme L’Etrange Festival, le PIFFF, l’Off Screen ou le BIFFF. Faites des croix dans votre agenda.

En fin d’article, retrouvez le top 3 des rédacteurs ayant couverts le festival.

Place maintenant aux courtes reviews.

As The Gods Will de Takashi Miike

Sophie : Incarnation du « What the Fuck Japan » As the Gods Will se situe a mi chemin entre Tag de Sono Sion et Battle Royale de Kinji Fukasaku. Des classes sont assaillies par des personnages du folklore japonais, en version géante mais surtout, en version tueuses. Une sorte de « survival » absurde, fun et décomplexé qui n’est autre, que le deuxième film de l’année pour le maître Takashi Miike. En soit, il faut (à mon sens) déjà être familier avec les incongruités nippones et les personnages numériques approximatifs pour rentrer dans l’univers du film. Cependant la maitrise du rythme, des dialogues et d’une narration endiablée, donnent une saveur agréable à ce long-métrage inclassable.

Before I Wake de Mike Flannagan

Sophie : Un petit garçon se fait adopter par une famille en deuil d’enfant. Seulement ce bonhomme vraiment mignon a des pouvoirs un peu flippants, ses rêves et ses cauchemars se matérialisent dans la réalité vraie du monde véritable. Donc au début, c’est tout chou, mais quand le « Cancreman » qui hante son imaginaire vient manger des gens pour de vrai, c’est nettement moins drôle. Bon alors, le film ne fonctionne pas. Ce n’est pas irregardable, mais clairement, c’est mou, c’est mal écrit et puis c’est filmé de la manière la plus aseptisée possible. Before I Wake s’est trompé d’époque, c’est clairement un téléfilm des années 2000… Et ce n’est pas flatteur.

Thibault : Après Oculus, Mike Flannagan était attendu au tournant. Tourné relativement rapidement après Oculus, Before I Wake ne commence sa carrière en salles que maintenant suite à divers problèmes. Au casting, on retrouve Jacob Tremblay, désormais connu pour son interprétation dans Room. Mais son premier film, c’est bien Before I Wake. L’idée de base est bien trouvée, les comédiens sont bons mais le film déçoit beaucoup à cause de sa fin beaucoup trop explicative, ses effets spéciaux douteux et sa mise en scène fainéante. C’est surprenant vu que la mise en scène était un des points forts d’Oculus. Au final, Before I Wake laisse un goût amer.

Beware the Slenderman de Irene Taylor Brodsky

Sophie : Deux jeunes adolescentes tuent violemment l’une de leurs camarades. Ces dernières invoquent pour leur défense, les ordres du Slenderman, un personnage fictif. Ce croque-mitaine moderne, viral dans la pop culture, est devenu en quelque temps, la frayeur volontaire des adolescents. Beware the Slenderman s’inscrit dans la longue lignée des documentaires Netflix d’une redoutable efficacité, mais d’une saveur trop connue. Rien d’originale si ce n’est la tuerie elle-même. A regarder un soir de pluie, enroulé dans un plaid sans attente de chef-d’œuvre.

Affiche de Beware the Slenderman

Affiche de Beware the Slenderman

The Devil’s Candy de Sean Byrne

Thibault : C’est un film de maison possédée comme on en voit souvent. L’histoire est sympathique, les comédiens sont bons, les personnages bien écrits et attachants mais… c’est d’une nullité affligeante. Ca ne fonctionne jamais et la mise en scène balourde ne fait rien pour relever le niveau. C’est à se demander où est-ce que ça a véritablement dérapé car ça partait pourtant bien. C’est probablement le pire film vu pour ma part.

Don’t Breathe de Fede Alvarez

Sophie : Certains braquages se passent sans accros, mais parfois, les « home invasions » se retournent contre les chasseurs de larcin. Trois amis pensent que voler un homme aveugle serait la chose la plus facile du monde et qu’ils pourraient ensuite réaliser leurs rêves avec le butin. Ils étaient loin d’imaginer chez qui ils allaient rentrer. Fede Alvarez peut être (à mon sens) défini par un terme simple : efficacité. Qu’il s’agisse de son remake d’Evil Dead ou de Don’t Breathe, le réalisateur offre des films d’un incroyable rythme et d’une qualité visuelle impeccable qui mettent en valeur un scénario cohérent. Don’t Breathe a tout ce qu’il faut là où il faut, un film d’horreur magnifiquement mené qui clouera solidement à votre siège.

Thibault : Une critique complète sera consacrée au film lors de sa sortie en octobre prochain mais, voici tout de même un court avis. Dans la catégorie des films d’horreur mainstream, Don’t Breathe est certainement dans le haut du panier. Presque dans ce qui se fait de mieux. Mise en scène ingénieuse, acteurs en forme, le dernier film de Fede Alvarez est une belle réussite.

Ecartée de Lawrence Côté-Collins

Sophie : Anick, une jeune femme travaillant dans le social, décide de faire un documentaire sur un couple atypique qui a récemment emménagé dans une maison atypique (littéralement collée à l’autoroute). Scott a passé plus de la moitié de sa vie en prison, et maintenant, il a comme seule passion de faire des puzzles 3D dans sa minuscule habitation décorée avec plus ou moins de goût par sa jeune compagne Jessie. Ce faux documentaire est le premier long métrage de la pétillante québécoise Lawrence Côté-Collins, qui signe, pour son premier accomplissement filmique sur format long, une œuvre touchante et maline. Le petit budget n’a pas freiné la jeune femme qui a su avec ingéniosité, construire un film complet et intelligent.

Thibault : Premier film de Lawrence Côté-Collins, Ecartée fait immédiatement penser à la célèbre émission Striptease. Ecartée est un faux documentaire s’intéressant à un couple de personnes au profil particulier. C’est très politiquement incorrect, c’est bien foutu, c’est plaisant. Bref, Côté-Collins ne s’est pas ratée pour ce premier essai.

Feuilles Mortes de Thierry Bouffard, Carnior et Edouard Tremblay

Sophie : Dans un monde post apocalyptique, sans vie ou presque, trois groupes d’individus se donnent des buts pour survivre ou juste continuer à vivre. Construit comme un petit film choral, Feuilles Mortes est le premier long-métrage du collectif Phylactère Colas, habitué au registre comique. Ce passage au drame n’est qu’une réussite en demi-teinte. Le film nous offre quelques jolies fulgurances de jeu ou scénaristiques, mais de manière générale le film s’embourbe dans les « déjà-vu » d’un genre trop exploité ses dernières années. Rien de honteux, ni dans la mise en scène, ni dans l’esthétique, mais un manque d’originalité qui ne se rattrape pas par la construction chorale. Malheureusement, cette séparation en trois histoires (réalisées par 3 réalisateurs différents) ne rythme pas le long-métrage… bien au contraire.

Thibault : Issu d’un collectif, Feuilles Mortes est un premier long-métrage post-apocalyptique. Chaque réalisateur s’est chargé d’un des 3 segments qui composent le film. Bien que l’ensemble soit cohérent et relativement homogène, le récit ne peut s’empêcher d’être inégal. Certains arcs sont très intéressants mais un l’est beaucoup moins. Cela patauge un peu mais à quelques bons moments tout de même. Bref, ce n’est pas une grande réussite mais il y a pas mal d’aspects encourageants.

For The Love of Spock d’Adam Nimoy

Sophie : Leonard Nimoy et son fils Adam avaient commencé un documentaire sur la portée interplanétaire du personnage emblématique de Spock, son impact sur le public, mais surtout cette référence incontournable de pop culture qu’est devenu le personnage de série. Malheureusement, le décès prématuré du comédien a changé la donne et le ton du film qui devient également un documentaire touchant sur la relation père fils. Le long-métrage manque un peu de rythme, digresse souvent, mais nous fait partager un beau morceau de la vie de monsieur Nimoy.

Gokseong (The Strangers) de Na Hong-jin

Sophie : Deuxième claque ! J’avais déjà vu The Strangers à Cannes, et aller le revoir à Fantasia me paraissait une évidence. Ce film est un chef-d’œuvre. Ce long-métrage de presque 3h est une fresque de plusieurs genres cinématographiques comme l’horreur, le thriller, le film de zombies ou celui de possession et c’est un tour de force de les mêler sans jamais perdre les spectateurs. Pour une critique plus approfondie, je vous renvoie vers le lien suivant ici.

Extrait de The Strangers

Extrait de The Strangers

The Greasy Strangler de Jim Hoskiing

Sophie : Big Ronney et Big Brayden vivent dans une maison pleine de crasse et de graisse. Le père, les 70 ans passées, se vante enfin d’être le Greasy Strangler, le sérial killer qui enduit de graisse alimentaire, étrangle puis mange leurs globes oculaires de ses victimes. Le fils quant lui, du haut de ses 40ans, baigne dans un pucelage à première vue irrémédiable. Les deux hommes partagent un travail fabuleux, faire de fausses visites guidées de lieux iconiques de la création musicale disco. Ce long-métrage place son univers entre celui de Quentin Dupieux et celui de John Waters. Dégoulinant, pervers, vomitif, ce film est sans doute l’objet cinématographique le plus indéfinissable de l’année, mais mon dieu que c’était bon !

Hunt for the Wilderpeople de Taika Waititi

Sophie : Ricky, un jeune garçon avec des kilos en trop et un sale caractère se retrouve perdu au fin fond de la pampa néozélandaise dans sa nouvelle famille d’accueil. Bella, une nouvelle maman extraordinaire qui tue des sangliers à mains nues, et Hec, une figure paternelle beaucoup moins marquée, interprétée par un Sam Neil analphabète. Malheureusement, Bella décède brutalement ; Ricky et Hec doivent donc échapper à la sévère assistante sociale en vivant dans les bois comme des aventuriers de l’extrême. Hunt for the Wilderpeople c’est clairement la version bad-ass de Là-Haut, mais mon dieu que c’est jouissif ! Pas une seconde de répit, et des dialogues doux-amers-piquants-savoureux ! Bref un film bonbon à consommer sans modération.

I Am Not A Serial Killer de Billy O’Brien

Thibault : Le nom qui m’a fait tilter ? Celui de Christopher « Doc » Lloyd évidemment. Il est à l’affiche de ce film qui parle des pulsions. Entre le serial killer du coin et le jeune qui pense peut-être en devenir un, il y a de quoi faire. Le métrage tient en haleine grâce à son sujet et son jeu de chat et souris mais aussi grâce à ses comédiens qui sont très justes. On regrettera juste une fin décevante due au fait que le film s’éparpille dans d’autres genres. Sans ça, c’était très très bien.

In a Valley of Violence de Ti West

Sophie : Un homme erre dans une vallée américaine rocailleuse, il tombe nez à nez avec des habitants du coin, à l’évolution cérébrale incertaine. Ces derniers tuent le chien du voyageur. Le cow-boy en droit de vengeance, commence sa quête belliqueuse envers les locaux. Le casting est super, on retrouve un Ethan Hawke fort sympathique et juste, face à un Travolta aminci et complément à sa place dans ce western spaghetti conventionnel mais efficace. Un bon divertissement, mais qui ne se démarque en rien.

I, Olga Hepnarova de Petr Kazda et Tomas Weinreb

Sophie : Olga Hepnarova, jeune insolente vivant à en Tchéquoslovaquie, a une vie relativement calme et molle dans un ville relativement calme et molle. La belle post-adolescente à la bouche pulpeuse et au sex-appeal développé porte en elle des troubles psychiatriques douteux avec lesquels elle se complaît. Ce long-métrage est l’un des plus pénibles qu’il m’ait été donné de voir à Fantasia. Noir et blanc, dialogues sans fin et sans fond sur de la pseudo-philosophie métaphorico-poisseuse, de long plans fixes ralentissant le rythme déjà inexistant d’un film pédant. I, Olga Hepnarova est à mon sens une parodie de films intellectuels d’une période historique soviétique heureusement révolue.

Little Sister de Zach Clark

Sophie : Colleen affirme un désir un peu désuet. Dans notre XXIe siècle où l’engagement catholique se fait de plus en plus rare chez les jeunes occidentaux ou américains, elle décide de devenir sœur au couvent de la miséricorde. Peu importe son passé de petite gothique, elle a la foi et cela n’a rien de risible. Seulement, lorsque son frère revient d’Afghanistan, gravement blessé, elle décide de passer une semaine dans sa famille totalement névrosée, avant de dire ses vœux. Sundance, adolescence, fun, personnages à fortes névroses, scène de danse, scènes d’engueulades familiales, drogues et bienveillance. Little Sister est un film frais, un film avec de jolies valeurs et de sympathiques dynamiques. Rien d’exceptionnel, quelques problèmes mineurs dans le rythme, mais globalement un feel-good-movie efficace, qui joue beaucoup avec les archétypes sans jamais tomber dans les clichés, et surtout qui respecte ses personnages mêmes s’ils font des choix discutables ou peu communs.

Thibault : La famille c’est important. Très important. Quand une fille, en train de devenir bonne sœur, apprend que son frère est de retour à la maison, elle n’hésite pas à faire des kilomètres pour le voir. Le frère en question est revenu défiguré de la guerre et vit très difficilement son retour à la réalité. Assez classique, le film emporte le spectateur principalement grâce à ses comédiens. L’actrice principale, Addison Timlin, porte le film sur ses épaules et marque indéniablement les esprits. Il ne serait pas idiot de la suivre dans le futur.

The Lure de Agnieszka Smoczynska

Sophie : Célèbres pour charmer les marins, les sirènes sont des montres sexuées et sexuelles qui mettent à mal les pauvres mâles humains. Ici, les deux protagonistes principales sont des sirènes polonaises qui troquent leurs queues écaillées contre des robes à paillettes et des micros, plus question (ou presque) de manger des hommes, mais de chanter dans un cabaret. Comédie dramatique musicale, premier film d’une jeune réalisatrice, The Lure brille par son originalité, sa qualité visuelle et par le jeu tout en nuance de ses deux actrices principales qui peuvent séduire n’importe qui, et sans avoir à le dévorer après. Un ovni cinématographique, un bijou, une œuvre mémorable.

The Master Cleanse de Bobby Miller

Sophie : Parfois lorsqu’on est au fond du gouffre, il est bien d’aller s’isoler, loin de la ville, et pourquoi pas lors d’une thérapie de groupe. C’est le choix de Paul (interprété par John Galecki aka Lénonard dans The Big Bang Theory) qui part après la perte de son emploi et d’une douloureuse rupture. Seulement, il était loin de se douter que cette cure ferait littéralement sortir la créature chétive et agressive qui sommeille au fond de lui. Le film ne choisit jamais entre la comédie, le body horror, ou le film de cabane au fond des bois, rien de vraiment désagréable, mais rien de majeur non plus. La prestation des acteurs principaux restant l’atout majeur de ce film entre deux eaux.

Miruthan de Shakti Soundar Rajan

Sophie : Rajan Karthik est agent de sécurité, et veille aussi bien sur la ville que sur sa jeune sœur dont il a la garde. Le jeune homme est également éperdument amoureux de Dre Renuka, une ravissante doctoresse. Seulement lorsque survient une invasion de zombies… Rien ne va plus ! Miruthan est le tout premier film de zombies tamoul (style Bollywood), donc ça chante, ça danse, ça explose, c’est trop de maquillage cheap et de gags inutiles. Clairement, ce genre de films ne se regarde qu’avec de l’alcool dans le sang ou en festival, mais dans les deux cas avec beaucoup de second degré et de recul. C’est ridicule mais sympathique.

Thibault : L’Inde est un pays de surprises. Ce film de zombies avait de fortes chances de plaire. Est-ce que c’est un bon film ? Non. La mise en scène est ultra appuyée, les acteurs sont ridicules,… Est-ce que c’est agréable à voir ? Encore mieux que ça, c’est presque jouissif tant c’est ridicule. Mais le plus important, c’est de s’amuser n’est-ce pas ?

Opération Avalanche de Matt Johnson

Sophie : La CIA se rend compte que la NASA sera peut-être en incapacité d’envoyer Apollo 13 à temps sur la lune. Deux agents décident, dans un contexte de guerre froide à son apogée, de créer des images prouvant la réussite du peuple américain dans sa conquête de l’espace. Ce deuxième film de Matt Johnson prouve le génie de ce jeune réalisateur canadien. Avec son équipe de potes, ils sont prêts à tout, même à aller filmer sans véritable autorisation l’intérieur de la NASA. Drôle, osé, imaginatif, original, ce faux documentaire aux saveurs seventies est pour moi le meilleur film de cette 20e édition de Fantasia. Il y a dans le cinéma de Matt Johnson la plus belle qualité qu’un film puisse avoir, l’amour du cinéma et son partage avec le public.

Thibault : Là on tient un fameux morceau. L’équipe derrière The Dirties remet le couvert pour un projet fou. Opération Avalanche est dans la même veine que Moonwalkers mais, la manière de procéder est très différente. Ici, on a l’impression que ça a été filmé à l’époque du film, fin des années 60. Cela donne un cache dingue au film. L’histoire, qui montre comment les USA ont voulu parer la possibilité que l’alunage d’Apollo 11 ne fonctionne pas, est très prenante. Entre faux thriller, comédie et drame, Matt Johnson, également acteur principal, trouve le ton parfait. Un des meilleurs films de Fantasia, tout simplement.

Psychonauts, The Forgotten Children d’Alberto Vázquez et Pedro Rivero

Sophie : La jeune Dinky et deux de ses amis rêvent de s’échapper de leur île ravagée. Amoureuse de Birdboy, elle tente de le sauver de ses addictions morbides avant de quitter son monde glauque et obtus. Film d’animation qui avait remporté un franc succès au festival d’Annecy, Psychonauts, The Fogotten Children est le dernier film que je recommanderais à des parents souhaitant éveiller la cinéphilie de leur progéniture. Triste, trash, avec des problématiques compliquées et d’une tristesse infinie, ce film est d’une merveille visuellement, mais qu’il faut accompagner d’un prozac. Mêler l’imagerie enfantine et les thématiques adultes se montre efficace, mais renforce la mélancolie et la rudesse de ce long-métrage. A ne pas mettre devant tous les yeux.

Slash de Clay Liford

Sophie : Assez simple et maladroit dans sa réalisation, Slash est un petit film Indie sur la quête identitaire de deux adolescents, Neil et Julia. Les deux jeunes personnes ont pour point commun d’écrire des fan-fictions érotiques pour des sites auxquels ils n’ont légalement pas accès. C’est drôle, touchant et surtout le film met en scène des adolescents extrêmement bien caractérisés. Alors, oui, on sent un réalisateur encore incertain, mais la sincérité du film donne place à de belles fulgurances, que ce soit dans les situations ou dans les dialogues. Réalisateur à suivre de près.

Teenage Cocktail de John Carchietta

Thibault : Une fille fraichement débarquée, une nouvelle amie qui devient plus que ça, une caméra, internet, un besoin d’argent,… Vous pouvez vous faire une idée du sujet et autour de quoi ça va parler. Il n’y a rien de totalement original mais c’est bien interprété et bien fait de manière générale. Pas marquant donc mais c’est suffisamment de bonne facture que pour le souligner.

Trash Fire de Richard Bates Jr

Sophie : Adrian et Isabelle vivent une relation amour/haine depuis des années. Le jeune homme a des difficultés à s’engager et met ça sur le dos d’un drame familial survenu dans son enfance. Tout cela ressurgit lorsqu’Isabelle insiste pour rencontrer malgré tout la grand-mère et la sœur de son fiancé. Le film se repose trop sur ses « punch-line » acides. Les personnages sont antipathiques et empêchent tout affecte de la part des spectateurs. Le scénario peine à démarrer, se concentrant trop sur une caractérisation inutile de ses protagonistes. Paresseux, et auto-satisfait le film manque de dynamisme.

Un petit boulot de Pascal Chaumeil

Sophie : Jacques (interprété par Romain Duris) est au chômage. Il n’a presque plus rien, et en plus, il joue au poker avec de l’argent qu’il n’a plu. Donc lorsque Gardot (interprété par Michel Blanc) lui propose d’exécuter sa femme contre une coquette somme et l’effacement de ses dettes Jacques accepte. On y retrouve un formidable Romain Duris malheureusement cantonné dans un rôle de pseudo-charmeur, (même si, un peu bas de gamme cette fois-ci) et un Michel Blanc qui s’est auto écrit un rôle qui lui va bien, mais sans aucun dépassement. En conclusion, une sympathique comédie française, brillant majoritairement par la qualité de ses dialogues, mais oubliable.

Thibault : Une critique à part entière sera évidemment consacrée au dernier film de Pascal Chaumeil mais, en attendant, je vous dirai juste que j’ai beaucoup ri et beaucoup aimé. Voilà voilà.

Under The Shadow de Babak Anvari

Sophie : Téhéran, 1988. Le dévastateur conflit entre l’Iran et l’Irak fait rage depuis huit ans. Shideh, jeune femme aux rêves brisés, tente de garder la tête froide et une famille « unie » malgré les bombardements réguliers. Lorsque son mari est envoyé au front en tant que médecin, elle refuse de quitter leur appartement et persuade leur fille que tout ira bien. Mais la petite Dorsa n’a pas peur des obus qui saccagent le toit de l’immeuble, mais plutôt du Djinn qui la poursuit et qui vole sa poupée. Under the Shadow c’est un peu un mélange du cinéma d’Asgar Farhadi et de Mr. Babadook. Une esthétique minimaliste, mais une angoisse omniprésente. Intelligent, rythmé, original et avec un personnage central féminin tout en nuance, ce film se place haut dans le top des films savourés cette année à Fantasia !

Thibault : Ce film iranien s’inscrit dans la longue tradition de films parlant de créatures hantant les morts comme les dibbouks. Il est ici question de djinns, créatures de la culture perse mais le principe est le même. Une petite fille, une tension politique, l’absence paternelle, tels sont les ingrédients qui rendent riche et habile le récit. Si le film n’est pas surprenant en soi, il est tout de même très bien ficelé et jouit d’une mise en scène aux petits oignons.

Top 3 Sophie :

  • Opération Avalanche
  • The Strangers
  • The Lure

Top 3 Thibault :

  • Don’t Breathe
  • Opération Avalanche
  • Miruthan

A propos de l'auteur

Thibault van de Werve

Passionné de cinéma depuis tout petit, j'affectionne particulièrement Steven Spielberg, Terrence Malick, Alejandro Gonzalez Iñarritu ou encore, pour les plus jeunes, J.C. Chandor et Jeff Nichols.

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