Et si l’apocalypse était en 1997 ?

Affiche de Turbo Kid d'Anouk Whissel, Yoann-Karl Whissel et François Simard (2015)

Affiche de Turbo Kid d’Anouk Whissel, Yoann-Karl Whissel et François Simard (2015)

Après un tabac à Sundance et au South By Southwest Festival, Turbo Kid était diffusé en avant-première européenne au BIFFF avant de passer par le Danemark et les Pays-Bas dans la foulée. Et, on ne va pas se mentir, rares sont les échos négatifs. Né lors de Frontières (marché de co-production Amérique du Nord/Europe qui avait lieu d’abord à Montréal et puis à Bruxelles pendant le BIFFF depuis 2 ans maintenant), Turbo Kid était donc attentivement scruté par les professionnels du milieu et les amateurs du genre, d’autant plus que c’est le premier film issu de Frontières, marché qui fêtait lors de cette 33e édition du BIFFF son 5e anniversaire.

Nous sommes donc en 1997, c’est l’apocalypse. L’humanité a sombré et les rares survivants se battent pour avoir une goutte d’eau. Le héros de l’histoire, un jeune garçon, se passionne pour le comic de son super-héros préféré, Turbo Man (qui n’a rie à voir avec Arnold Shwrazenegger). Il va rencontrer Apple, une jeune fille qui va rapidement se prendre d’affection pour notre héros. Et ça va même être assez flippant par moments. Bref, les conditions de survie sont difficiles. Il faut aller au marché et se débrouiller pour trouver à manger et à boire. Le problème, c’est que le terrible Zeus dicte sa loi et qu’il a le terrifiant Skeletron (c’est pas hyper badass comme nom Skeletron ?) sous ses ordres. Autant dire qu’on ne rigole pas avec ces gens làs.

Nostalgiques de l’ère Amblin, ce film est fait pour vous. Même s’il est toujours hasardeux de parler de références, on pourrait toutefois parler de mix entre Les Goonies et Mad Max sans oublier les productions Spielberg des années 80 (Amblin me direz-vous), celui de John Mc Tiernan et bien d’autres encore. Bref, ça sent tout bon le ciné d’action des années 80-90 et tant mieux. La moins bonne nouvelle, c’est que, pour voir sortir en salles, il va falloir qu’un distributeur ose se sortir les doigts des fesses et ça, c’est pas gagné d’avance. Il n’empêche que je vais quand même vous dire tout le bien que j’ai pensé de ce film qui devrait vraiment sortir dans les salles.

Extrait de Turbo Kid (2015)

Extrait de Turbo Kid (2015)

Vous vous souvenez de Mad Max 2 et de sa superbe course-poursuite ? Probablement une des plus mémorables de l’histoire du cinéma à ce jour avec celles du récent Mad Max Fury Road. Et bien Turbo Kid c’est pareil. Avec des vélos. Non non, je vous vois en train de vous dire que c’est un Mad Max du pauvre, cheap. Pas du tout ! C’est simplement un film qui ne se prend pas au sérieux et a retiré tout le bon du passé pour le remettre au goût du jour. On est en 1997, on voit les objets que nous avions pour habitude d’utiliser, tout est comme à l’époque. Mais, il y a une dynamique, un rythme dans la mise en scène qui ancre Turbo Kid dans notre époque. Refaire du neuf avec du vieux ? Un peu mais on est à des kilomètres de ce que le cinéma d’aujourd’hui nous propose et ça fait un bien fou. D’autant plus que le film a son lot d’hémoglobine. Si la vue du sang vous effraie, réfléchissez-y à deux fois avant de le voir. Les autres, vous en aurez pour votre argent.

Extrait de Turbo Kid (2015)

Extrait de Turbo Kid (2015)

L’hommage est réalisé brillamment et exécuté par un excellent casting. Dans le rôle du Kid, il y a le jeune Eli Goldsworthy (ça ne s’invente pas) de la série Degrassi : Munro Chambers. Le jeune homme a une force tranquille assez redoutable qui fonctionne superbement à l’écran. Il apporte autant de naïveté que de sagesse à son personnage. Mais il n’est pas seul puisque le rôle d’Apple est interprété par Laurence Leboeuf. Son jeu est plus particulier, un peu décalé comme le personnage l’exige. Il n’empêche que leur duo fonctionne à merveille, surtout qu’ils doivent faire face au cultissime Michael Ironside (Top Gun, Total Recall, Starship Troopers) qui tient le rôle du méchant, Zeus. Sa posture en impose, il n’y a pas de toute possible, c’était l’homme qu’il fallait. Dans deux rôles plus secondaires, on retrouve Aaron Jeffrey et Romano Orzari (The Informant, Immortels, White House Down) et il ne faut pas oublier la réalisatrice et les 2 réalisateurs qui jouent tous trois un petit rôle dans le film.

Bref, amateur de films post-apocalyptique, fan d’action, de sang et de boyaux, n’hésite plus un seul instant. Turbo Kid est exactement le type de projet que l’on devrait plus soutenir et voir sur nos écrans d’autant plus que c’est très bien réalisé et joué. Un petit dessert que l’on déguste entre amis, un vrai régal.

2 Réponses

  1. L’étrange Festival Jour 3 et 4 | Cinephilia

    […]  Turbo Kid, l’avis de Manon : Un hommage sympathique aux films des années 80, sympathique et drôle sans être tordant pour autant. Le film doit beaucoup à ses acteurs qui apporte un vent de fraicheur (mention spéciale au personnage d’Apple qui aurait pu être lourd et insupportable mais reste mignon et rigolo). Le scénario reste assez basique, il se référence énormément à Mad Max et on peut lui reprocher de ne pas chercher à aller plus loin. Sans être transcendant, Turbo Kid offre tout de même un agréable divertissement très entraînant. Voir l’avis d’Ilan ici et la critique du film ici. […]

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