Critique : Titanic 3D, de James Cameron

by Christopher on 3 avril 2012


Près de 15 ans après la découverte de ce chef d’œuvre signé James Cameron, Titanic ressort dans une version 3D, restauré et converti. En 1998, j’avais 9 ans. Aujourd’hui 23. On se dit qu’avec plus de maturité, on trouvera Titanic moins léché ou impressionnant, plus niais et téléphoné. Que nenni !

 

Affiche du film Titanic 3D, de James Cameron

Affiche du film Titanic 3D, de James Cameron

 

 

Southampton, 10 avril 1912. Le paquebot le plus grand et le plus moderne du monde, réputé pour son insubmersibilité, le « Titanic », appareille pour son premier voyage. Quatre jours plus tard, il heurte un iceberg. A son bord, un artiste pauvre et une grande bourgeoise tombent amoureux.

 

 

Romance et réalisme. Deux « R » magiques qui allaient, une nouvelle fois, faire basculer le Titanic dans la légende.

 

Je me souviens encore, non pas de la peinture fraîche et de la porcelaine étincelante qui n’avait encore jamais servie, mais plutôt de ce moment de cinéma vécu pendant les vacances de février 1998, dans un cinéma des Côtes d’Armor. A l’époque, le cinéma et moi, c’était un divertissement. A priori, aucune vocation à l’horizon. Mais déjà depuis quelques mois, je m’étais passionné pour l’histoire proprement ahurissante du Titanic et de ses secrets. Je me souviens encore relire et relire les pages du Sciences & Vie de mon père où James Cameron et son équipe racontaient leurs voyages à bord du Titanic, qui gît à 3843 mètres de fond. Epris de l’histoire du Titanic, James Cameron décidait alors d’en faire une fiction, avec romance et réalisme. Deux « R » magiques qui allaient, une nouvelle fois, faire basculer le Titanic dans la légende. Je découvrais alors avec un sentiment mêlé de joie et d’horreur ce qui allait être un futur film culte. Les larmes contenues, mon esprit percutait celui du film, et les images des passagers tentant de survivre à l’eau glacée ont hanté mes nuits suivantes. James Cameron avait réussi à faire un film réaliste d’une efficacité redoutable, ce qui était chose rare. Son histoire se doublait d’une relation amoureuse épique et éphémère entre un pauvre artiste au charme certain (Leonardo DiCaprio) et une illustre bourgeoise, dont la famille l’avait contrainte à se marier pour sauver le nom qu’elle portait (Kate Winslet). Dans les clivages sociaux, alors que la catastrophe se fait plus présente que jamais, James Cameron filmait la beauté d’une romance unique, avec force, émotion et puissance. Jamais un couple à l’écran n’avait été aussi beau, parce qu’enveloppé dans un sens de la mise en scène aiguisé.

 

 

Extrait du film Titanic (1998)

Extrait du film Titanic (1998)

 

 

Le résultat était incroyable. Le succès qui a suivi aussi. Titanic marquait l’Histoire du Cinéma (n’ayons pas peur des majuscules) à jamais, égalant même Ben Hur en briguant 11 statuettes aux Oscars. Le film dépasse allégrement le milliard de recettes à travers le monde et rassemble plus de 20 millions de Français dans les salles obscures. Du jamais vu ! Mais à 9 ans, on n’a pas encore conscience de tout cela, ni de ce que cela représente. On ne sait d’ailleurs pas non plus pourquoi Titanic est présenté pour une œuvre de cinéma, plus qu’un réel film populaire. Fort heureusement, en grandissant, on le revoit… Et voilà que la rumeur est lancée, il y a trois-quatre ans de cela. Pour les cent ans du naufrage, Titanic doit refaire surface à l’écran. Et alors que la 3D commence à connaître son succès (la faute à un autre grand film de Cameron, Avatar), la possibilité d’un Titanic 3D  se laisse entrevoir. 14 février 2012 (la date ne s’invente pas), après des longs mois d’attente, une poignée de Français redécouvrent Titanic sous un autre angle. Et quel angle ! De la profondeur, du relief, un réalisme encore plus fort et pressant, des détails encore plus criards, une émotion renforcée. Plus que jamais, ce Titanic est beau, majestueux.

 

 

Extrait du film Titanic (1998)

Extrait du film Titanic (1998)

 

 

A l’instar de l’affiche, on sentait déjà que Titanic avait évolué avec son temps. En 1998, l’affiche du film arboré un montage kitsch du fameux couple Jack-Rose avec la proue majestueuse du Titanic, le tout dans des couleurs vivaces. Qui pouvait parler de catastrophe alors que l’accent était clairement sur l’aspect romantique tel un nouvel horizon. 14 années plus tard, l’affiche du Titanic 3D a complètement changé ! Le duo est toujours présent, mais cette fois-ci, le couple enlacé a laissé place au couple inquiet, conscient que la mort approche. Le regard de Jack fixé sur l’horreur qui se déroule sous ses yeux alors que le bateau s’enfonce dans l’océan. Il s’accroche à ce paquebot qui a littéralement changé sa vie, dominant au passage la femme qui a bousculé ses sentiments, une Rose au regard paniqué. Les certitudes ne sont plus les mêmes. Le tout sur un fond noir, et un paquebot qui cette fois-ci ne dompte pas les flots mais en dévient sa victime.

 

Extrait du film Titanic (1998)

Extrait du film Titanic (1998)

 

 

Naturellement, l’hypothèse d’une relance commerciale du Titanic (histoire de conforter et affirmer l’hyper-puissance du cinéma de Cameron en tête du box-office mondial) est faite. Logique, et loin d’être fausse. Jon Landau l’avait affirmé, sans aucune hésitation : « ce Titanic sera celui d’une nouvelle génération, celle qui n’a pas eu la chance de le voir en 1998 ». Alors forcément, Titanic va voir grossir ses recettes déjà immenses.

 

« Le Titanic d’une nouvelle génération »

 

Mais ce n’est pas qu’une histoire de billets verts. James Cameron est conscient d’avoir signé en 1998 son film le plus majestueux, et même son dernier-né Avatar n’avait réussi à frôler l’immensité de Titanic. Pourtant, il y avait encore quelque chose à exploiter. Quelque chose qui ne saute pas aux yeux dans une version plate en 2D et qui prend tout son sens en 3D : la profondeur de chaque plan, un relief plus présent. Il n’y a pas qu’un semblant d’esthétisme en plus, il y a une sensation d’immersion plus intense, parce que chaque détail va compter. En renforçant le réalisme du récit par celui de l’enveloppe physique, James Cameron et son équipe de 300 techniciens réussissent un pari osé, loin d’être gagné. Les petits détails – une assiette qui tombe, un pot de fleur sur une table lors d’un dîner, une chaise longue lors d’un travelling où Rose court à sa perte – prennent une importance encore plus intéressante et captivante. Les travaux de pixellisation et de mise en relief sont effectués sur chaque scène, et cela dans le seul but de renforcer encore plus la profondeur déjà utilisée par Cameron en 1997 sur le tournage de Titanic. Visionnaire l’ami James ? On n’en a jamais douté une seule seconde, et sa conversion 3D de Titanic, fait avec des moyens (18 millions de budget) et du temps (60 semaines), prouve qu’un cinéaste, passionné par son sujet, peut nous offrir des grands moments de cinéma. Et ce Titanic 3D en est un.

 

L’avis : Sans avoir pris une seule ride, ce Titanic revisité par la 3D et James Cameron est tout aussi sublime que sa version originale. La profondeur ajoute un plus évident et renforce ce bijou d’émotion et de réalisme dans une nostalgie toujours intense, la beauté d’une image, d’un thème musical intact et magnifique, le tout pour un voyage unique. James Cameron a réussi son pari avec grand brio, et rien pour cela, on retourne en salle dévorer ce grand chef-d’œuvre qu’est Titanic.

 

6 Responses to “Critique : Titanic 3D, de James Cameron”

  • Wendy dit :

    Je ne vais pas me faire des copains mais bon… C’est un des films les plus niais que j’ai pu voir. Visuellement, le film est magnifique mais le scenario… C’est mou du genoux, ça traine en longueur, c’est soporifique. La fin, n’en parlons pas. C’est tellement attendu.
    Di Caprio est une tête à claques à tendance neuneu. Ça m’étonne pas qu’il ait fait craquer les midinettes après ce rôle.
    Je n’ai pas pleuré, ce film ne m’a pas ému.
    Seule Kate Winslet évite de faire couler le film Titanic dans l’abysse de la nullité.

    • Christopher dit :

      Merci Wendy !

      Paradoxalement, je pense que pas mal de personnes sont dans ton cas. Qu’est-ce qui est le plus dur: afficher le fait que Titanic soit son ou un de ses films préférés ou ou alors assumer le fait de l’avoir trouver mauvais ?

  • Daisy dit :

    Superbe article. Moi, j’avais dix ans. Et ce film a été celui des premières fois… au cinéma! Mes premières larmes, au moment où Jack sombre. Ma première frayeur, avec le personnage de Billy Zane. Léo, mon premier « amoureux » hollywoodien (je sortais tout juste de la grande période boys bands). Ma première scène d’amour (la main! la main!) et surtout, ma première analyse critique, en observant pour la première fois les mécanismes de narration, et le déroulement parfait d’une histoire d’amour digne des grands romans. Bref, la découverte du Cinéma (avec un grand C); celui qu’on n’oublie jamais pace-qu’il nous a pris aux tripes lorsqu’on était jeune, et qui a changé définitivement notre vision du 7ème art. Pour moi il y a vraiment eu un avant et un après. Et puis, les vocalises de Céline Dion et la BO d’influence celtique ont sans doute eu un rôle important dans ce que j’aime aujourd’hui: l’Irlande et la musique. Mais ça, c’est une autre histoire :-D

    • Christopher dit :

      Effectivement ! La notion d’avant et d’après, c’est un peu le symbole d’un film réussi, qui tend à devenir une oeuvre culte. Parlant musique, Horner avait déjà suscité chez moi un intérêt pour la musique de film, parce qu’elle avait ici une importance primordiale. Sans elle, Titanic n’est pas ce qu’il est. Ca a ouvert chez moi une opinion tenace: si la musique n’est pas à 100% la représentation du film et un élément à part entière, alors le film ne peut pas être réussi.

      Merci en tout cas pour ton commentaire :) )

  • Aurélie dit :

    Christopher, merci pour ce très bel article ! Comme je te l’avais indiqué sur Twitter, je suis donc retournée voir Titanic en 3D lundi dernier. Eh bien, contrairement à moi, ce film n’a pas pris une ride !! J’avais 16 ans en 1997 et, avant-hier, dès les premières notes de la musique, j’ai rajeuni de dix ans. L’histoire est toujours aussi prenante même si on en connaît par coeur le déroulement, les décors sont magnifiques et la 3D ajoute de très beaux effets de profondeur et d’immersion dans le film. Je l’avoue, j’ai pleuré devant le couple de personnes âgées qui décide de mourir ensemble dans sa cabine, devant la femme obligée de dire adieu à son mari qui doit rester sur le Titanic, devant la mère que l’on retrouve morte de froid avec son bébé après le naufrage… Bref, je ne regrette pas d’être retournée voir ce film, et j’encourage tous ceux qui l’ont un jour apprécié de faire de même, et tous ceux qui ne le connaissent pas encore d’aller le découvrir !

  • android apps dit :

    I have been surfing online more than 3 hours today, yet I never found any interesting article like yours Critique : Titanic 3D, de James Cameron Cinephilia. It is pretty worth enough for me. In my view, if all website owners and bloggers made good content as you did, the web will be much more useful than ever before.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

Features Stats Integration Plugin developed by YD