Critique : Starbuck, de Ken Scott

by Christopher on 26 juin 2012


Au Québec, on ne livre que très rarement des oeuvres cinématographiques sur le territoire français. Un mal sûrement. L’une débarque dans nos salles avec son histoire à coucher dehors et sa bonne humeur communicative. Son nom : Starbuck.

 

Starbuck, de Ken Scott (affiche)

Starbuck, de Ken Scott (affiche)

 

 

Alors qu’il s’apprête à être père, David Wosniak, éternel adolescent de 42 ans, découvre être le géniteur anonyme de 533 enfants déterminés à le retrouver.

 

Ou comment un point de départ bien réel peut donner naissance à une comédie québécoise intelligente, déclinée en feel-good movie terriblement attachant. A la base, une histoire vraie qui a bousculé l’Amérique du Nord lorsqu’un homme est au centre d’un bien étrange débat : après avoir fait don de son sperme de manière anonyme et excessive, il se retrouve géniteur d’une flopée de gamins. Le problème est que ni le Canada, ni les Etats-Unis n’avaient légiférer un jour sur cette question. Au-delà du simple « fait-divers », le film Starbuck pose les questions de la paternité, de la prise de responsabilité et le nouveau sens de la famille dans un espace sociétal en perpétuel mouvement. C’est Ken Scott qui dirige ce long métrage, le deuxième du nom pour ce scénariste de formation, après Les doigts croches. Il co-scénarise le film avec un jeune humoriste canadien, Martin Petit. La différence se fait sentir : Ken Scott arrive à se pencher avec plus d’intérêt sur sa mise en scène et la mise en avant des thématiques, pendant que le second scénariste s’évertue à faire de l’humour un acteur à part entière, sans verser dans la facilité ni le potache. Le résultat est si convaincant que notre Starbuck canadien aura son remake aux Etats-Unis, avec Vince Vaughn dans le rôle principal. Que l’on se rassure, Ken Scott sera également de la partie.

 

Extrait du film Starbuck (2012)

Extrait du film Starbuck (2012)

 

Dans la famille des histoires incongrues, celle de Starbuck y tiendrait une place de choix. Celle d’un homme géniteur de 533 enfants dont une bonne partie souhaite connaître son identité. Pour couronner le tout, le fameux Starbuck est un loser essayant tant bien que mal de répandre le bonheur autour de lui sans se rendre compte que chaque tentative est un échec. Ce passé ressurgissant lui offre une sorte de rédemption pour le moins originale. Starbuck, derrière son humeur tendre et ses bons sentiments complaisants enfilés à la brochette, dégage une profonde sympathie. Le film, à force de jouer à outrance sur ses ficelles émotionnelles, finit par devenir touchant et le personnage de Starbuck, incarné par Patrick Huard, attachant. On met du temps à s’imprégner de la chose, comme légèrement tétanisé par ce trop-plein de facilité, pour finalement sortir de la salle avec une banane au visage. La comédie se veut aussi simple que parfois, il n’y a besoin d’aller chercher trop loin.

 

L’avis : Un feel-good movie émouvant et sans aucun doute attachant, derrière son mur de bons sentiments.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

Features Stats Integration Plugin developed by YD