Les vrais débuts de Spidey dans le MCU

Un jeune Peter Parker qui a fait ses débuts de manière sensationnelle dans Captain America: La Guerre Civile, commence à découvrir sa nouvelle identité de super-héros Spider-Man. Frissonnant de son expérience avec les Avengers, Peter rentre chez lui. Il vit avec sa Tante May sous l’œil attentif de son nouveau mentor Tony Stark. Peter tente de reprendre sa routine quotidienne normale – distrait par ses pensées de prouver qu’il n’est pas seulement le gentil voisin Spider-Man – mais lorsque le Vautour débarque comme un nouvel ennemi, tout ce qu’au quel Peter tient sera menacé.

Depuis le quatrième épisode de Sam Raimi avorté par Sony, Spiderman était une franchise en déclin, Marc Webb n’ayant jamais su redonner ses lettres de noblesse à un des super-héros les plus appréciés dans le monde entier. Mais, depuis les débuts du Marvel Cinematic Universe (MCU) en 2008, ce que les fans attendaient surtout, c’est que Spiderman en fasse partie. Parce que Sony est propriétaire des droits du héros, c’était improbable. Cependant, Kevin Feige, le producteur et patron de Marvel Studios, s’est mis à table avec Sony et est parvenu à trouver un accord. Marvel se chargerait de tout l’aspect créatif tandis que Sony garderait les droits et se chargerait de toute la partie promotion et autre. Bref, après un caméo d’introduction dans Captain America Civil War l’an dernier, Peter Parker a enfin son propre film, qui fait donc partie intégrante du MCU. Quant aux autres projets de Sony liés à Spiderman, cela reste encore à voir.

Alors ? Qu’en est-il du résultat ? Mitigé. On se situe entre les films de Sam Raimi et ceux de Mark Webb. Mais, bizarrement, alors qu’il y a pas mal de mauvaises choses dans le film, Jon Watts est parvenu à trouver un équilibre qui fait que, malgré les défauts, tout fonctionne plutôt bien.

Ned et Peter à l’école

Le premier bon point, c’est qu’il ne s’agit pas d’une origin story. Un peu comme Warner l’a fait l’an dernier avec Batman, Marvel évite tout le passage de l’origine des pouvoirs de Peter Parker ou encore de la mort d’Oncle Ben (totalement absent du film car il n’est même pas mentionné),… Ils partent du principe que tout le monde connaît l’histoire de Peter Parker. Du coup, on rentre directement dans le vif du sujet à savoir, Peter Parker, un ado de 15 ans qui est au collège. Tobey Maguire jouait un Peter Parker adulte qui était à l’université tandis qu’Andrew Garfield était au lycée. Ici, on se rapproche de ce que Parker était dans les premiers comics. Ce retour aux sources fait plaisir d’autant plus que ça propose quelque chose de neuf par rapport aux Peter Parker vus dans les précédents films. Pour poursuivre dans l’idée de retrouver l’esprit des premiers comics, plusieurs personnages familiers des lecteurs font leur apparition. Ceux qui sont habitués aux autres films feront par contre des découvertes. Ce choix d’avoir revu l’âge du Peter Parker à la baisse a des conséquences sur le ton et, sur l’humour notamment mais on y reviendra plus tard. Le ton est léger et drôle et évoque les films de John Hugues. Ce n’est donc pas étonnant de voir un extrait de Ferris Bueller’s Day Off sur une télévision dans Homecoming ! Cela a évidemment également eu des conséquences sur le choix de l’acteur. L’anglais Tom Holland (The Impossible, Au coeur de l’océan, The Lost City of Z) s’avère être un excellent Peter Parker et confirme la bonne impression eue devant Captain America Civil War.

Spiderman en action

Autre réussite, la balance entre la vie de collégien de Peter Parker et ses devoirs en tant de Spiderman. Sa quête, c’est d’intégrer l’équipe des Avengers. Tony Stark lui a fourni un costume, celui que l’on voit dans Captain America Civil War, et, depuis l’épisode de Berlin, soit l’introduction de Spiderman dans le MCU, ce dernier n’attend qu’une chose, que Tony Stark, ou plutôt Happy Hogan, l’appelle pour lui confier une nouvelle mission. Peter Parker veut être plus que le Spiderman du Queens. Mais en plus de sa vie en tant que Spiderman, Peter a aussi sa vie avec ses amis, sa tante, ses activités,… En outre, Peter Parker prend le large. On ne le voit plus voltiger comme avant. Ici, il reste plutôt dans le Queens, évite Manhattan et quitte même New York par moments. De l’inédit !

Il y a de l’humour et des personnages charismatiques. Outre Peter, on peut citer le personnage interprété par Zendaya qui, bien qu’elle n’ait pas énormément de temps à l’écran, vole quasiment systématiquement la vedette à ses partenaires et, contrairement à ce qu’on aurait pu craindre, Tony Stark n’est pas la star du film. Sa présence est juste bien. Pour un film, l’humour et les personnages, c’est bien mais, le plus important, c’est le scénario. Et là, ce n’est pas toujours fameux. Si l’arc narratif consacré à Peter Parker et sa dualité est réussi, celui qui le voit faire face au Vautour, le méchant du film, est un peu plus boiteux. La base est bonne, elle est directement liée à ce qu’il s’est passé dans les films Avengers, ce qui contribue de belle manière à l’intégration dans le MCU. Revenons un instant sur le Vautour justement. C’est un bon vilain, bien développé. Son histoire est intéressante et, pour une fois, bien terminée. Les méchants sont souvent baclés mais, ici, c’est complètement satisfaisant. Cela est en partie dû au travail de Michael Keaton qui fait du bon travail. Il en est de même pour les seconds rôles comme ceux de Ned, l’ami de Peter Parker, interprété par Jacob Batalon ou encore tante May (incarnée par Marisa Tomei).

Le Vautour

Un autre point plus faible se situe au niveau de certaines situations. Il faut bien reconnaître qu’il n’y a pas autant d’originalité qu’espéré. La bande-annonce avait déjà vendu la mèche avec cette scène où Spiderman essaie de faire tenir un bateau qui a été coupé en deux qui n’est pas sans rappeler quelque chose. De manière générale, c’est moins généreux et moins ingénieux en terme d’action. On pourrait même dire que c’est parfois léger. Les idées sont là, louables mais, pas toujours percutantes. Il en est de même pour la mise en scène de Jon Watts. C’est un problème récurrent chez Marvel et, Spiderman : Homecoming n’y fait pas exception. Le mot de la fin sera à propos de la musique de Michael Giacchino. Dans l’ensemble, elle ne relève pas l’attention. Il revisite bien le thème de Spiderman (qui, dans certains passages, évoque le style d’Ennio Morricone), en a trouvé un très réussi pour le Vautour mais ça s’arrête là, le reste n’est pas particulièrement mémorable.

Spiderman : Homecoming est plutôt une réussite. Il n’est pas exempt de défauts., loin de là. Les problèmes de scénario, le manque d’action ou encore la mise en scène inexistante sont évidents mais sont compensés par des personnages attrayants et bien développés ou encore un humour particulièrement bien dosé. Le tout fonctionne vraiment bien, ce qui fait que le film s’inscrit de jolie manière dans le MCU, preuve que la collaboration entre Marvel et Sony fut une bonne idée. Pour un premier épisode, qui introduit véritablement le personnage de Peter Parker, ça passe mais, pour la suite, il faudra tout de même se remuer un peu, au niveau du scénario principalement.