Point de rupture en vue…

Affiche de Point Break

Affiche de Point Break

En 1991, James Cameron a fait un cadeau à son épouse d’alors, Kathryn Bigelow, en lui offrant le script de Point Break. Keanu Reeves, Patrick Swayze, Gary Busey, Lori Petty, du surf, des gens torses nus, une philosophie à deux balles, des braquages, bref, le cocktail a emballé les spectateurs et a donné au film un statut de film culte. Quand l’annonce qu’un remake allait entrer en production est sortie, des craintes se sont faites sentir, à juste titre pensait-on. On ne va pas se mentir, elles étaient parfaitement justifiées.

Point Break remake reprend les mêmes noms pour les personnages, que ça soit Utah ou Bodhi, ils y passent tous. L’histoire globale est également la même. Une jeune recrue du FBI doit infiltrer une suspectée bande de malfrats afin de les arrêter. La base est donc totalement identique mais, les scénaristes ont tout de même trouvé suffisamment de nouveaux éléments pour faire en sorte que ce remake ne soit pas juste un copier/coller. Bien que le surf soit présent dans le film, ce n’est pas ce qui motive le plus la bande de Bodhi. Dans cette version 2015, Bodhi et sa bande sont des poly-athlètes de l’extrême. Leur objectif, c’est de réussir le challenge d’Ozaki ou Ozaki 8. Ce challenge résulte en 8 différentes épreuves que l’homme doit réussir contre la nature. A chaque défi réussi, c’est comme si la nature avait donné aux hommes. Pour maintenir un équilibre, les hommes doivent rendre quelque chose à la nature. Et ce ne sont pas des choses que les instances dirigeantes considèrent comme étant légales. Donc à la place du surf et de braquages, nous voilà donc avec différents sports extrêmes et différents larcins. Sans être purement original, cela permet de casser une monotonie.

Est-ce que c’est aussi bien que l’original ? Non. Est-ce que c’est bien joué ? Pas vraiment ? Est-ce que c’est vraiment une purge ? On ne peut pas dire ça non plus mais, c’est certain, ça n’est vraiment pas fameux. L’histoire, a suffisamment de différences avec le film original pour que l’intérêt du spectateur soit là. Ca n’est pas non plus passionnant puisque l’on sait où l’on va mais il a le mérite d’être attrayant. Le fond est déjà connu de tous donc, il n’y a pas de surprise à ce niveau là. En même temps, on ne va pas spécialement voir ce genre de film pour être surpris. Le réel intérêt du métrage, ce sont justement les différentes épreuves. Elles sont l’excuse parfaite pour proposer des séquences osées et spectaculaires. Ce qui nous fait arriver au laborieux problème principal.

Extrait de Point Break

Extrait de Point Break

C’est la mise en scène d’Ericson Core. Ou plutôt son absence de mise en scène. Point Break n’est que son second long-métrage, le premier datant de 2006 et s’agissant d’Invincible avec Mark Wahlberg. A la base, Ericson Core est directeur de la photographie. Il s’est d’ailleurs chargé de celle de Point Break et, il faut être honnête, il n’y a pas grand chose à redire de ce côté même si ce n’est pas folichon non plus. En tout cas, derrière la caméra, ce n’est pas ça. Les scènes d’actions sont filmées de manière telle que le spectateur ne peut pas en profiter pleinement. Il faut dire que Core n’est pas aidé par son monteur qui, c’est la mode depuis de nombreuses années, coupent tous les plans très rapidement. On ne peut donc pas apprécier les scènes autant qu’elles le mériteraient. Core ne fait que très peu de plans larges et se contente de moyens et gros plans. C’est dommage parce que plusieurs séquences sont quand même bluffantes.

Le duo Utah/Bodhi est incarné par Luke Bracey et Edgar Ramirez. On ne va pas se mentir, Luke Bracey est loin d’être l’acteur le plus charismatique du monde ni même le meilleur acteur tout simplement. Il a un corps athlétique ce qui correspond bien entendu au personnage mais il ne marque pas plus que ça les esprits. On connaît déjà Edgar Ramirez vu ses dernières années dans Zero Dark Thirty, The Counselor, Délivre-nous du mal et, très récemment, dans Joy. L’acteur vénézuélien a bien plus de présence que son comparse et son talent n’est plus à démontrer. Dommage qu’il doive le faire dans un film si poussif. A leurs côtés, on retrouve Teresa Palmer et Ray Winstone. La jeune demoiselle, que l’on verra prochainement dans le premier film américain de Fabrice Du Welz Message To The King, n’a malheureusement pas un rôle à la hauteur de son talent mais elle a un charme indéniable. Ray Winstone joue comme on a l’habitude de le voir depuis quelques temps, ni moins bien, ni mieux.

Au final, Point Break est un plantage malheureux qui aurait pu être très prometteur. Les attentes sont loin d’être comblées et on regrettera même le fait d’avoir gâché tant d’idées plus ou moins bonnes. La faute principalement à une mise en scène à côté de la plaque qui ne parvient jamais à mettre en lumière et à rendre spectaculaires des scènes qui devraient l’être à l’écran. Mieux vaut donc passer son chemin.