Attention à la folie furieuse !

Affiche de Mad Max Fury Road de George Miller (2015)

Affiche de Mad Max : Fury Road de George Miller (2015)

Souvenez-vous ! En 1983 sortait Mad Max 2 : Le Défi avec, ce qui jusqu’à aujourd’hui, était considéré comme l’une des meilleures courses-poursuites de l’histoire du cinéma. En termes de course-poursuite, Mad Max 2 est désormais enterré par ce nouveau film hyper attendu. En juillet dernier, lors du Comic-Con de San Diego, Warner balançait un teaser du film. Dire que ça a engendré une excitation globale est un euphémisme. Depuis ce jour là, les attentes des milliers de fans de la saga ont explosé. Ces milliers (ou millions) de fans, il fallait les faire patienter, les allécher jusqu’à la sortie du film, ce jeudi 14 mai avec une première à Cannes (et après une première aux USA il y a quelques jours). C’est donc une campagne marketing intense qui a eu lieu et, au final, l’attente des fans n’a pas faibli, au risque de peut-être les décevoir une fois le film terminé. Est-ce le cas ?

Non. Enfin, un petit peu éventuellement. Des quatre scénarios, c’est celui-ci qui est sans doute le moins intéressant, le moins riche en thématiques et en psychologie. Les premiers volets avec Mel Gibson, bien qu’extrêmement chargés en action, faisaient la part belle à l’émotion et au drame. Miller explorait plusieurs thèmes lourds de sens dont ceux du devoir, du bien et du mal, de l’enfance et de la famille. Ici, on retrouve bien entendu celui du sens du devoir mais, pour le reste, c’est quand même plus faible que l’emblématique trilogie avec Gibson. Néanmoins, deux thèmes nouveaux font leur apparition, l’environnement et le féminisme. A propos de l’environnement, cela est assez explicite dès le début. Pour le féminisme, cela vient petit à petit et trouve son apothéose en fin de métrage mais je n’en dirai pas plus au risque de spoiler.

Dans un monde post-apocalyptique similaire à celui de Mad Max 2 : Le Défi, Max se fait enlever par le clan d’Immortan Joe (incarné par Hugh Keays-Byrne qui interprétait déjà le méchant de Mad Max premier du nom). Là-bas, il va servir de perfusion à un soldat mal en point. Immortan Joe est un tyran et se sert du fait que lui seul ait accès à l’eau pour terroriser son peuple qui crève la misère. Un jour, sa fidèle impératrice, Furiosa part en mission chercher du pétrole et des munitions. Mais, dans son camion, elle emporte quelque chose de précieux aux yeux de son chef qui ne va pas apprécier la situation dans laquelle Furiosa l’a mis.

Extrait de Mad Max : Fury Road de George Miller (2015)

Comme les précédents opus, le scénario n’est pas très compliqué pour ne pas dire simpliste mais, en soit, ça n’a jamais posé problème. Parce que la série des Mad Max est une série propice à l’action. Le premier épisode un peu moins bien que ses quelques scènes d’action valent leur pesant de cacahuètes. Là où l’action est poussée à son paroxysme, c’est principalement dans le second volet, un petit peu moins dans le troisième. Les scénarios mettent évidemment l’action en valeur et, ça tombe bien puisque c’est cela que le spectateur veut voir avant tout. Et à ce niveau là, il n’y a absolument rien à dire. C’est généreux, indécemment furieux, violent, jouissif, visuellement impressionnant et j’en passe. George Miller est à son sommet. Je ne pensais pas qu’il ferait mieux que Mad Max 2 mais pourtant, il l’a fait et, pour cela, je lui tire mon chapeau. Il amène le cinéma d’action vers des horizons si peu explorés auparavant. Vraiment, les scènes de courses-poursuites offrent des choses inédites et assez spectaculaires. Même les plus puristes en termes d’action seront ravis. Le film va à fond dans la démesure, la folie et l’assume complètement. Quiconque accepte les codes du genre passera un moment de plaisir.

Là où le bat blesse, c’est au niveau des effets spéciaux qui dégoulinent un peu trop par moments. Lors d’une scène de tempête notamment. Ce n’est vraiment pas très beau et ça donne limite envie de vomir. Heureusement que ce n’est que lors de quelques occasions parce que, pour le reste, la photo est vraiment jolie et met très bien en avant les superbes décors (celui de la base du clan, les véhicules, le désert,…). Comme d’habitude, c’est du très bon boulot de la part de John Seale, le directeur de la photographie (Prince Of Persia, Rain Man, Le Talentueux M. Ripley). Malgré le fait que certains effets spéciaux soient ratés ou trop flagrants, il faut saluer le fait que Miller ait voulu les minimiser lors du tournage. Beaucoup d’effets sont réels et beaucoup de cascades ont été réalisées directement lors du tournage en Namibie.

Extrait de Mad Max : Fury Road de George Miller (2015)

Avec 32 ans passés depuis le troisième volet, il fallait renouveler le casting. C’est Tom Hardy qui reprend le rôle de Max Rockatansky tenu pendant trois films par Mel Gibson. Ce n’était pas chose aisée puisque Gibson est LE personnage emblématique de la saga. Il avait une prestance, une carrure, un charisme incroyables. Et il faut être honnête, il est et restera le meilleur Mad Max. Tom Hardy s’en sort bien mais sans plus. Il a un jeu minimaliste et ses dialogues tiennent sur une feuille A5, et encore (je ne suis malheureusement pas l’auteur de cette petite blague)… Le personnage qui mène vraiment le film, c’est celui de l’impératrice Furiosa qui est interprété par la sud-africaine Charlize Theron. Elle est badass à souhait et tient clairement la dragée haute à Hardy. Vu que ce dernier a signé pour trois suites, il n’est pas impensable que Furiosa soit également de la partie et, au vu de sa prestation dans Fury Road, ca ne serait que légitime. Dans la base du clan, Max sert de perfusion. C’est pour le personnage joué par Nicholas Hoult (X-Men, Dark Places, Young Ones), Nux, un guerrier. Il apporte un côté comique qui manquait aux autres personnages. En tout cas, Hoult a rempli son contrat. Comme dit en début de critique, Hugh Keays-Byrne, le méchant de Mad Max est de retour en méchant dans cet opus en incarnant Immortan Joe. C’est un personnage loufoque, visuellement mémorable. Un adversaire de taille pour Max Rockatansky. Les épouses d’Immortan Joe sont jouées par Rosie Huntington-Whiteley (Miss Jason Statham, Transformers 3), Zoé Kravitz (Divergente, Insurgente, Good Kill), Riley Keough (Kiss Of The Damned, Magic Mike), Abby Lee Kershaw, Megan Gale et Courtney Eaton. Toutes remplissent leur rôle sans aucun problème. Enfin, le dernier rôle à souligner est celui tenu par Nathan Jones, qui, comme d’habitude, joue une brute épaisse toute musclée (Remember Troie de Wolgang Petersen ? Achille l’a tué d’un coup d’épée dans le coup).

Même s’il n’est pas aussi intéressant que ses prédécesseurs au niveau de la profondeur et même si Tom Hardy n’est pas Mel Gibson, Mad Max Fury Road est probablement une des meilleurs œuvres en termes d’action de ces dernières années au même titre que The Raid 2. George Miller s’est totalement lâché et n’a pas fixé de limites. Et pour cette générosité envers le spectateur, on ne peut qu’être comblé et prendre son pied pendant ces deux heures de folie pure.

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