In space no one can hear you scream – on r’met ça mais au masculin

Affiche de Life-Originie Inconnue de Daniel Espinosa

Une station internationale, un groupe de six astronautes font une découverte inimaginable : ils trouvent la présence d’une forme de vie dans l’espace. Après une première période de volupté lié à l’inattendu, la vie extra-terrestre va se révéler plus dangereuse qu’autre chose.

Vous l’aurez compris, Life – Origine inconnue reprend les bases narratives du chef d’œuvre de Ridley Scott, Alien. Tout y est (ou presque mais on y reviendra plus tard), le huis clos oppressif, l’évolution de l’alien, le complexe de Dieu des scientifiques etc. Il est d’ailleurs étonnant de constater que la sortie de Life coïncide à un mois près à la sortie de Alien Covenant le prequel d’Alien par Ridley Scott dont la bande annonce ne me convainc pas du tout, d’ailleurs. Bien sûr, nous sommes actuellement en plein boom des films dans l’espace (Seul sur mars, Interstellar, Premier contact…) mais la ressemblance entre Life et Alien est tout de même assez saisissante.

En terme de réalisation, Daniel Espinosa fait très bien le travail. Le jeune réalisateur suédois d’origine chilienne en est à son neuvième long-métrage. Il se spécialise dans les films d’actions et thrillers assez sombre. Sa réalisation est fluide et ses mouvements de caméra intéressants. Il sait donner cette impression d’apesanteur dans l’espace sans pour autant tomber dans le gadget (comme cela avait pu être le cas dans Gravity). Il manie également les effets de suspense avec brio. Donc, en somme, un très bon film prenant et divertissant, bien fichu. De plus, le casting relativement bankable (Ryan Reynolds et Jake Gyllenhaal) est parfait pour ce type de production.

Extrait de Life-Origine Inconnue de Daniel Espinosa

Je vais terminer avec l’aspect qui m’a été le plus problématique. Si Alien avait clairement un aspect féministe, ou tout du moins une réflexion originale sur la représentation de la femme dans le cinéma dit d’horreur, Life n’est pas loin d’en être complètement l’opposé. Si Sigourney Weaver était très clairement le personnage clé de la saga Alien, dans Life, c’est Jake Gylenhaal le personnage central. Ce qui en soi pourrait ne pas être problématique du tout s’il restait seul dans cette position, non, le problème est qu’il a un fair valoir féminin dans le personnage de Rebecca Ferguson qui ne fait que l’écouter et suivre ses idées. Même dans les détails plus inconscients, cette impression se ressent que ce soit dans la forme du vaisseau, réminiscence du sexe féminin dans Alien, et masculin dans Life, mais également dans les détails des vies sur terre des personnages, complexes pour les hommes et quasi inexistante pour les femmes. Alors oui, effectivement c’est vrai, en ce moment, on a plus de réadaptations au féminin de films au masculin (Ghostbuster, Ocean’s eleven) mais bon, les mecs, soyez fair play, des personnages iconiques féminins badass, on en a pas eu tant que ça, alors laissez-les nous au moins.

En somme, Life est un divertissement très bien fichu qui se laisse très bien regarder. Il est bien réalisé, et bien qu’il manque d’originalité dans sa narration, reste appréciable. Il aurait été intéressant qu’il s’éloigne un peu plus de l’histoire d’Alien pour éviter la comparaison sur le genre des personnages et l’impression de perte du sous-texte féministe.

Features Stats Integration Plugin developed by YD