Critique : Le Majordome, de Lee Daniels

On 1 septembre 2013 by Christopher


Lee Daniels nous revient avec une fresque historique sincère, noire et non dénuée de bons sentiments.

 

Affiche du film Le Majordome, de Lee Daniels

Affiche du film Le Majordome, de Lee Daniels

 

Le jeune Cecil Gaines, en quête d’un avenir meilleur, fuit, en 1926, le Sud des États-Unis, en proie à la tyrannie ségrégationniste. Tout en devenant un homme, il acquiert les compétences inestimables qui lui permettent d’atteindre une fonction très convoitée : majordome de la Maison-Blanche. C’est là que Cecil devient, durant sept présidences, un témoin privilégié de son temps et des tractations qui ont lieu au sein du Bureau Ovale.

 

 

En octobre 2011, le public américain (puis français d’ailleurs) en pinçait pour La Couleur des Sentiments, adaptation d’un best-seller inspiré de faits réels. Qu’on le veuille ou non, autant sur la forme que dans le fond, Le Majordome et La Couleur des Sentiments ont beaucoup à avoir. En peignant le portrait d’un homme de l’ombre dans l’air du temps, Lee Daniels (Precious, Paperboy) dessine une fresque sur l’Amérique noire – au propre comme au figuré. Une bannière étoilée visée dans ses pires moments avec une exactitude historique sérieuse, travaillée, mais vantée au final dans un américanisme obama-esque.

 

Extrait du film Le Majordome (2013)

Extrait du film Le Majordome (2013)

 

Le Majordome, porté par un Forest Whitaker éblouissant et au sommet de son art, est derrière son académisme suintant la demande de récompenses et l’ovation du grand public, un très beau biopic porté sur un personnage stratégique (Cecil Gaines n’est autre que le véritable Eugene Allen, décédé un an après l’élection de Barack Obama, premier président noir américain) au travers duquel, le spectateur plonge dans l’histoire d’un pays qui n’a toujours pas repoussé ses pires démons.

 

Lee Daniels, suffisamment engagé sur la question (le touchant Precious nous l’avait indiqué), n’y va pas par quatre chemins, même si son film et son intrigue manquent très souvent de consistance. La faute à Eugene Allen. L’homme a vécu une histoire tellement incroyable qu’il est difficile de la résumer dans une bande-annonce larmoyante de 2h12. En effet, après l’émotion inhérente au film et à ses sujets forts (le racisme, l’amour, l’égalité, la relation père-fils, le patriotisme…), on se rend compte d’emblée que Le Majordome aurait gagné à être pertinent sous la forme d’une mini-série, avec par exemple un pilote, suivi de sept épisodes pour les présidences traversées par Gaines. On ne savoure, par exemple, pas assez longtemps les présences à l’écran des différents chefs d’Etat américain, d’un John Cusack en Nixon à James Marsden en Kennedy (pour ce qui est, entre autre, un des moments les plus poignants du film) en passant par Alan Rickman en Ronald Reagan. Un casting cinq étoiles, où Forest Whitaker absolument irrésistible, n’empêche guère les seconds rôles de briller, à l’instar d’Oprah Winfrey pleine de naturel en matrone et épouse, ou le touchant David Oyelowo sur lequel il faudra compter dans les années à venir.

 

Extrait du film Le Majordome (2013)

Extrait du film Le Majordome (2013)

 

L’avis : De Martin Luther King à Barack Obama, Le Majordome rend hommage à ceux qui ont combattu pour l’égalité et les droits civiques aux Etats-Unis, via le portrait d’un homme que peu de gens connaissent. Dans son intimité familiale comme dans son rôle-clé à la Maison Blanche, on suit cet homme et son parcours. Si l’histoire est justement incroyable, le film l’est moins, handicapés par de nombreux passages trop vite balayés, faute de temps.

 

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