Critique : Je te promets, de Michael Sucsy

by Christopher on 17 mai 2012


En plein festival de Cannes sort un drame romantique translucide et répétitif. Je te promets un désastre, aurait dû lui souffler son distributeur…

 

Affiche du film Je te promets, de Michael Sucsy

Affiche du film Je te promets, de Michael Sucsy

 

 

Paige et Leo étaient un jeune couple heureux, jusqu’à l’accident… Si Leo s’en sort indemne, Paige se réveille de son coma en ayant tout oublié des cinq dernières années de sa vie. Elle n’a plus aucun souvenir de Leo ni de ce qu’ils ont vécu. Son mari est un inconnu…
Paige découvre une vie dont elle ignore tout – la sienne. Elle se croit encore fiancée à Jeremy, un homme d’affaires toujours amoureux d’elle, et a beaucoup de mal à accepter Leo et son style de vie bohème…
Incapable d’aider sa femme à retrouver ses souvenirs, Leo va perdre la seule personne qui ait jamais compté pour lui. Prêt à tout, il décide de recommencer à zéro et de reconquérir Paige comme s’ils venaient juste de se rencontrer. Un grand amour peut-il naître deux fois ?

Une belle histoire sur le papier, un film à la limite du hideux en réalité. Telle serait la définition du drame romantique Je te promets. On entend déjà l’argument facile qui consiste à s’en prendre aisément, voir méchamment, à ce genre typiquement américain. Ce type d’attitude un peu hautaine qui vise à cracher son venin sur un type de film qui fonctionne auprès du public, voir même de la gente féminine. Et en même temps. Les ficelles sont énormes, l’histoire est simpliste au possible, de sorte que vous devinez les dialogues avant même que ces derniers sortent de la bouche des protagonistes. Des personnages qui, justement, sont bien trop lisibles et pauvres en propositions pour susciter notre attachement.

 

Extrait du film Je te promets (2012)

Extrait du film Je te promets (2012)

 

En fait, c’est l’histoire sur le papier qui nous touche. Cet espèce de récurrence émouvante qui consiste à voir deux êtres batailler ferme pour recouvrer quelque chose: elle, la mémoire, lui sa bien-aimée. Si on a un malin plaisir à se faire prendre assez bêtement, c’est aussi parce que ça nous parle, au-delà de l’étiquette inspiré de faits réels (notez d’ailleurs la ressemblance entre le couple d’origine et celui de la fiction… qui en dit long sur la machine d’adaptation hollywoodienne). Tout cela pourrait fonctionner si on avait un semblant d’acteur devant la caméra. Channing Tatum fait du surplace et semblait plus à son aise dans Dear John. Rachel McAdams séduit par sa trogne mais manque cruellement de fond de jeu, la faute à un personnage qui sape lui-même son histoire. Et que dire d’une mise en scène totalement absente, récurrence du genre là encore, et d’un académisme qui suscite l’indifférence plutôt que le dégoût. « Mais tu ne vas pas au cinéma pour parler cadres ou jeu d’acteurs ! » A cela on répond: « penses-tu te souvenir l’année prochaine de ce film ? Non, et tu pourrais peut-être réfléchir au pourquoi du comment… » C’est niais, morne, lent, facile et sans inspiration. Un peu comme cette critique en fait.

 

L’avis : Si le drame romantique touche grâce à son histoire – somme toute basique – Je te promets tombe dans le piège classique du film sans âme, porté par des acteurs poseurs assez éloignés d’une certaine réalité, vers laquelle tend irrémédiablement ce long métrage. Aucune patte, un cruel absence de crédibilité, Je te promets restait bon sur le papier et peine à nous captiver.

 

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