Critique : Inside, d’Andrés Baiz
Vendu sur des faux airs de Buried, le thriller hispano-colombien Inside propose un regard présumé neuf entre huis clos étouffant et regard romantique teinté d’ironie. Une fausse-surprise qui aurait pu être excellente.
Il pourrait y avoir challenge ici. Celui d’écrire la chronique qui suit en évitant le spoiler. Un problème s’est posé : impossible d’émettre le moindre avis sans entrer dans le détail, sinon la critique en aurait été que plus désuète. Du coup, autant faire le jeu d’un synopsis qui livre la pièce principale de l’intrigue. Si vous lisez la suite, c’est donc que vous avez vu le film. Sinon, sautez directement à l’avis en bas de page.
Le second long métrage du réalisateur et scénariste colombien Andrés Baiz (Satan) s’inscrit dans la veine du film-concept où le thriller en mode huis-clos flirte doucement mais surement avec l’épouvante et la romance exacerbée. Après lecture d’un synopsis pour le moins intrigant (une femme amoureuse se retrouve piégée dans une pièce secrète dont elle seule connaît l’existence), Inside accouche de ses premiers défauts. D’une part, aucune surprise possible puisque le synopsis a dévoilé l’objet central de l’intrigue, et d’autre part, le film est incapable de répondre aux attentes.
En effet, admettons que le synopsis vous soit inconnu, à moins d’être aveugle et doté d’un QI largement inférieure à la moyenne, difficile de ne pas voir et subir les grosses ficelles qui tiennent le récit et l’action. À force de jouer, non sans insistance, avec les miroirs du placard de la chambre et de la salle de bain jouxtant cette dernière, il faudrait assez idiot pour ne pas capter que notre Belén – la nana qui veut surveiller son boyfriend un poil mystérieux – s’y trouve enfermée. Le scénario tente alors une petite pirouette en parodiant le film d’épouvante à base de fantômes, avec jumpscares de circonstance, bruits métalliques étranges et ondulations à la surface de l’eau. C’est que la jeune Fabiana – la nana que le beau gosse mystérieux a choisi, noyé par la tristesse – flippe, seule dans une grande baraque. Ah oui, elle emménage quelques heures après avoir rencontrée le bonhomme (interprété par Quim Gutiérrez). Fort, très fort !
Le penchant intelligent du film aurait voulu se servir de la belle et peureuse Fabiana (jouée par Martina Garcia, la révélation de Rabia) comme une marionnette à la fois manipulée de l’intérieur par Belén et de l’extérieur par son nouveau copain. C’est ce qui sera tenté dans une seconde partie, racontée du point de vue de Belén coincée dans son bunker. On rejoue ainsi les scènes – et cette vieille insistance détestable qui jalonnait la première partie – tout en introduisant une part de stress supplémentaire. Mais le huis-clos ne s’avérera jamais intense, puisque viennent s’y glisser humour, romance à l’eau de rose avec une once de dramatique. Ce qui aurait pu être un film-concept dans la veine de Buried n’est qu’un pétard mouillé qui manque cruellement d’inspiration et de surprise.
L’avis : Inside n’avait de l’intérêt que sur le papier, qui une fois lu, casse tout l’intérêt du long métrage. La maîtrise d’un huis-clos à la manière ibérique ne fonctionne jamais, et le mélange des genres n’a que finalement peu de portée face à une intrigue sans réelle souffle. Un thriller bien trop sage.







