La criminalité à l’ère du numérique

Hacker affiche

A Hong-Kong, le système d’une centrale nucléaire est piraté, provoquant de gros dégâts. Le capitaine Dawai Chen (Lee-Hom Wang) est chargé de retrouver les coupables avec sa soeur, Lien Chen (Tang Wei), mais estime qu’une seule personne pourra les aider: son ancien ami Nicholas Hathaway (Chris Hemsworth), emprisonné pour hacking de banques. Aidés par deux agents du FBI, le trio devra retrouver les criminels, alors que leur mobile reste obscur…

Michael Mann signe avec Hacker, un thriller sur des thèmes d’actualités : le piratage informatique sur un fond de catastrophe nucléaire imminente (avec un passage par la bourse, par ailleurs).

En terme de scénario, il faut d’abord admettre que l’ensemble reste très brouillon et certains actes des personnages se perdent au fil de l’histoire (ou l’histoire se perd-t-elle au fil des actes de ses personnages ?), alors qu’une trop grande quantité d’évènement semblent s’oublier ou, au contraire, dévoile d’avance des situations très prévisibles ou évidentes. Il faut cependant marquer que même si la surprise est à peu près absente tout le long du film, le suspens n’est pas perdu pour autant et peut tenir ainsi en haleine. L’informatique semble y être traité de façon plutôt simple, à savoir si cela est dans le but d’être agréable pour le spectateur et tenir des actes cohérents sans basculer dans un charabia inconcevable pour le non-initié ou inventé de toute pièce ou, si cela n’est qu’une recherche de simplisme facile. Effectivement, les techniques utilisées par nos héros semblent parfois plutôt évidentes (alors que les bavardages autour des codages ennemis sont particulièrement obscurs pour les non-initiés).

Extrati d’Hacker de Michael Mann (2015)

Le film tourne autour de plusieurs personnages, réunis autour de Hathaway, ancien hacker, arnaqueur de banques, mais doté de moral et de convictions tout à fait nobles. Ce sera tout ce dont on aura besoin pour le définir, laissant sa psychologie de côté. L’identification est difficile, l’intérêt pour le personnage aussi. On ne connaîtra pas non plus grand-chose de son ami et collaborateur Dwain Chen. Quant au personnage féminin, Lien, elle alterne entre son rôle de femme forte et professionnelle et hystérique passionnément amoureuse. Notons cependant une certaine alchimie et une complicité à l’écran pour le couple formé par Chris Hemsworth et Wei Tang, malgré quelques envolées inutilement abusives qui ne font qu’ajouter des clichés à un ensemble qui fonctionnait pourtant déjà bien sans.

Reste la mise en scène générale du film, Michael Mann excelle toujours dans les scènes de fusillade. Malgré un scénario imparfait qui emballe son spectateur et le laisse tomber avant de capter à nouveau son attention, le film n’est pas non plus mal rythmé. L’évolution des données numériques est représentée sous sa forme la plus kitsch mais l’ensemble passe plutôt bien.

Hacker est également un film qui a des idées, même si elles restent majoritairement sous-développées. Ainsi, on assiste à un combat entre l’homme et la machine sur lequel, l’homme par sa complète humanité (et l’omniprésence de ses sentiments et l’aide de ses semblables avec lesquels il noue des liens), devra en ressortir vainqueur. Au contraire, les ennemis, les pirates sont représentés comme des robots minutieusement conçus pour obtenir leur but, de leur même façon que les logiciels qu’ils codent.

Hacker est un film qui a quelques bonnes idées et un certain nombre de belles scènes, efficaces et bien orchestrée mais n’est pas un thriller révolutionnaire. Il commet un certain nombre d’erreur qui pu être éviter et laisse malheureusement souvent son scénario patauger.