Au coeur du sujet

Si les jours 8, 9, 10, 11 et 12 n’arrivent qu’en une fois, c’est parce que suivre le BIFFF, c’est très intense et, surtout fatigant. Mais bref, voici enfin nos avis sur les films vus ces derniers jours.

Replace

Thibault : C’était la première mondiale de ce film dont l’équipe est venue en force. Il s’agit d’une fille qui se retrouve dans un appartement qu’elle ne connait pas et qui a oublié tous ses souvenirs. En plus de cela, elle perd sa peau qui vieillit beaucoup trop vite pour son âge. Evidemment, un mystère est caché derrière tout cela. Au final, c’est probablement moins complexe qu’il n’y parait. C’est même sans doute plus simple qu’attendu. Du coup, cela est aussi moins efficace que ça aurait pu l’être. La technique est aussi mitigée. Les maquillages et les comédiennes sont approximatifs mais la photo et la musique, qui lorgnent du côté de Nicolas Winding Refn, sont agréables. Le résultat est logiquement très mitigé.

Operation Mekong

Thibault : Sur le papier, ça donnait envie. De l’action movie asiatique le long du Mékong, c’est vendeur. En fait, il y a tellement de personnages qu’on perd le fil. L’action est bien mais ce n’est pas suffisant. 

Therapy

Thibault : Réalisé par un jeune français de 16 ans, Therapy a écumé les festivals et a même bénéficié d’une sortie aux Etats-Unis, au Canada et en Angleterre, excusez du peu. Il allie found footage et prises de vues « normales » de façon habile. Ca ne renouvelle pas le genre et n’est pas sans failles mais apporte tout de même une certaine fraîcheur. Ce qui est certain, c’est qu’il y a un talent à surveiller et c’est très encourageant.

At the End of the Tunnel

Thibault : On tient là l’une des perles du festival. Ce thriller argentin est tout bonnement excellent grâce à son scénario intelligent et ses dialogues truculents. Un homme en chaise roulante accueille une mère et sa fille chez lui. Dans la maison d’à côté, des hommes sont en train de préparer un cambriolage de banque en creusant un tunnel. Et ce tunnel, il passe aussi en dessous de la cave de notre héros. Ce dernier est hyper charismatique et les spectateurs se prennent directement d’empathie pour lui. Il rend par ailleurs passionnante cette histoire. Maintenant, il faut espérer que cela soit distribué quelque part.

The Mermaid

Thibault : Le retour de Stephen Show ! Il est réussi puisqu’il signe une comédie complètement barrée qui fait beaucoup rire. C’est totalement fou, hilarant et on en redemande. Les effets spéciaux sont parfois très kitsch mais cela contribue à la réussite du film.

Adrien : Quand on pense que The Mermaid de Stephen Chow est le plus gros succès chinois de tout les temps, on se dit que les blockbusters américains ou français sont bien ternes. Dosant savamment ficelles scénaristiques classiques (mais efficaces) et sens de l’absurde (vraiment déjanté), le réalisateur de Shaolin Soccer et de Kung-Fu Hustle nous fait le récit de l’improbable romance entre un milliardaire et la sirène qui veut le tuer, et suscite l’engouement. Au programme de cette comédie d’action décomplexé et joyeusement fourtaque : violences aquatiques, gags slapsticks hilarants, numéros de chants explosif – le tout accompagné d’un gentil message écologique (et peut-être anticapitaliste, mais c’est moins sûr).

Memoirs of a murderer

Thibault : En 2013 on découvrait au BIFFF le coréen Confession of a murderer dont Memoirs of a murderer est le remake japonais. C’était tout simplement un des meilleurs films de 2013. Sans surprise, cette version nippone est à la hauteur, pour la bonne raison qu’elle reprend l’idée du film coréen mais en la reprenant à sa sauce. Dans mon souvenir, la version coréenne était meilleure mais, les japonais ont su se ré-approprier l’histoire avec brio.

The Autopsy of Jane Doe

Thibault : Le film a une réputation qui le précède. C’est probablement ce qui lui fait défaut. Parce qu’au final, si le fait de voir un père et son fils réaliser l’autopsie d’une inconnue est bonne, elle ne tient pas la longueur. L’ambiance est bonne, la relation père/fils fonctionne très bien, la mise en scène est là mais l’histoire peine sur la fin. Au final, on retombe dans de vieux travers sans beaucoup de surprises. Cela reste d’excellente facture, largement au-dessus de la moyenne mais, tout le foin fait autour du film lui nuit finalement.

Mon Ange

Thibault : Ce projet devait se faire rapidement avec peu de moyens mais c’est finalement devenu un long-métrage. Ecrit par Thomas Gunzig et Harry Cleven, ce conte fantastique déçoit. Il ne dure qu’une heure vingt minutes mais aurait pu en faire quarante de moins. Quelques incohérences sont à pointer du doigt et c’est dommage car la balance entre onirisme et réalisme est bien équilibrée et donne énormément de charme au film. Dommage que la sauce ne prenne qu’un instant.

Robin

Thibault : Venu de Scandinavie, du réalisateur de LFO, primé au BIFFF il y a 3 ans, Robin est un thriller. Changement de registre total par rapport à LFO qui était une comédie noire absurde. Mais le metteur en scène gère tout aussi bien. C’est austère, froid, parfait pour un thriller. Beaucoup de soin a été apporté au développement des personnages et cela se sent. La fin vient clôturer l’ensemble de bien belle manière.

Egomaniac

Thibault : Réaliser un film, c’est compliqué. Du coup, Kate Shelton a décidé d’en parler. Egomaniac, c’est l’histoire d’une réalisatrice qui traverse toutes les épreuves habituelles. Cela va de l’écriture à la recherche de financement en passant par les négociations avec les producteurs. Cela a été fait avec très très peu de moyens ce qui fait résonner encore plus le propos. L’ensemble est très drôle et brosse un portrait juste de ce milieu.

Death Note

Thibault : J’avoue n’avoir jamais lu un manga ni vu une des précédentes adaptations. Cette découverte fut laborieuse. Trop. Du coup j’ai abandonné. Mais ça donne envie de lire les mangas, c’est probablement une bonne chose.

Small Town Killers

Thibault : Les scandinaves et les comédies, c’est une longue histoire d’amour. Quand il y a Ulrich Thomsen (Banshee, Festen, La Communauté), Nicolas Bro (Adam’s Apple, Nymphomaniac, Cheval de Guerre) et Søren Malling au casting, c’est encore plus emballant. Le résultat est probant. Les personnages sont toujours bien écrits, les situations sont très drôles et, quand le public est réactif, c’est juste parfait. Ce fut donc une des excellentes séances du festival. 

The Prison

Thibault : Na Huyn est d’abord un scénariste, brillant de surcroît. The Prison est son passage à la réalisation, quelque chose qu’il désire réitérer dans le futur. Il y a beaucoup d’influences mais, en même temps, cela donne quelque chose d’hybride pas inintéressant du tout. Na Huyn a un sens du rythme et de la dynamique qui sont essentiels quand on est réalisateur. Son casting maîtrise son sujet et rend honneur à l’écriture de leurs personnages. En tout cas, The Prison est une bonne surprise qui augure du bon pour la suite de la carrière de son réalisateur.

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