Album : Strangeland – Keane

by Christopher on 14 mai 2012


La formation britannique Keane revient avec un quatrième album et renoue avec ce qu’elle a pu faire de mieux en mélodies de piano rock. Un plaisir auditif à partager !

 

Le groupe Keane

Le groupe Keane

 

 

Parce que Keane ne signifie pas Les Frères Scott. Parce que Keane, ce n’est pas que deux tubes planétaires (Everybody’s Changing et Somewhere Only We Know), mais un son bien reconnaissable. C’est la voix d’un chanteur, Tom Chaplin, interprète au talent souvent sous-estimé. Ce sont aussi les brillantes compositions de Tim Rice-Oxley au piano et à la basse, ou encore les percussions rythmiques de Richard Hughues à la batterie.

 

Groupe prometteur au milieu des années 2000, Keane est un peu passé aux oubliettes – sauf en Grande-Bretagne ou la formation remplit aisément un O2 Arena de plus de 20 000 places. Deux albums vendus à presque 10 millions d’exemplaires ont fait du groupe une formation incontournable. Fort de ce succès, Keane entame un virage en 2008 et fait entrer guitare et sons électroniques. Les fans désertent : Perfect Symmetry ne s’est vendu qu’à un peu plus de 760 000 exemplaires (contre 3 millions pour Under the Iron Sea et 6 millions pour le premier opus, Hopes and Fears). Puis un mini-EP, Night Train, passait presque inaperçu en 2010, avec moins de 200 000 exemplaires écoulés.

 

Forcément, un album devait casser cette rythmique indigne d’un groupe aussi talentueux. Disons que Strangeland vient rétablir une certaine vérité. Pour ce quatrième album, on a clairement retrouvé le son Keane des débuts avec des touches mélodieuses irrésistibles. L’expérience en plus. Car Keane a mis le temps pour faire les choses bien. En février 2011, la formation se payait un quatrième membre, bassiste de son état. Il ne faisait aucun doute que cet album était attendu par tout amateur de pop ou rock britannique.

 

 

Dès le titre d’ouverture, l’excellent You are young, on comprend rapidement de quoi il retourne. La voix est limpide, la mélodie d’un refrain aisément reconnaissable. A qui aurait pu penser que ce premier titre était juste un faux espoir, la présence du tube en puissance qu’est Silence by the Night rassure. Le titre incarne à la perfection le Keane, certes commercial, mais si facile d’accès à l’écoute. Plusieurs titres viendront confirmer la bonne tenue de cet opus: Watch how you go ou encore Neon River en sont les meilleures représentants. Keane n’a surtout pas perdu ce sens du refrain si entêtant et pertinent. Disconnected, premier single du groupe (donc le clip étiquetté cinéma de genre espagnol est une réalisation de Juan Antonio Bayona avec l’actrice de REC 3, Leticia Dolera) en est la preuve incarnée !

 

 

L’assemblage savoureux se résume en un piano omniprésent et la touche de synthé qu’il faut. La voix si reconnaissable de Tom posée sur une mélodie en osmose avec celle-ci. Strangeland, le titre qui se paye le luxe d’être celui de l’album, en est une bonne illustration: une enivrante partition, douce, envolée, émouvante. Pourtant, cette étiquette du groupe mou et teintée d’eau de rose qui colle à la formation britannique peut être trompeuse. L’enchaînement Sovereign Light Café et On the road sont des exemples de titres rythmés où souffle une douce folie, la faute à une piano survolté.

 

Loin d’être le groupe de rock à pogo, Keane s’identifie toujours un peu plus grâce à ses mélodies piano rock. Avec Strangeland, on se trouve en possession d’un excellent cru, et Keane devra confirmer à la fois dans les charts mais également sur scène. C’est quitte ou double.

 

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